Badr-Eddine Belayach : «Nos cours d’initiation sont ouverts à  tous et à  toutes tranches d’à¢ges»

à€ Oujda, les associations musicales rivalisent d’ingéniosité pour pérenniser une forme particulière de musique arabo-andalouse : Le gharnati. Une des plus actives s’appelle l’association Al Moussilia. Son président nous parle des actions entreprises en faveur de cet art ancestral.

Présentez-nous l’association Al Moussilia de la musique gharnatie d’Oujda…

Notre association, aujourd’hui trentenaire, a été fondée par Haj Abdelkader Ouasti, accompagné par un groupe de mélomanes oujdis. L’objectif était et reste la sauvegarde de ce précieux patrimoine culturel, plusieurs fois millénaire, qu’est la musique gharnatie. Dotés de nos propres moyens – adhésions et dons de mélomanes et sympathisants -, nous nous dédions à l’enseignement de cet art, dans le cadre de deux classes. La première est consacrée aux débutants qui suivent deux à trois fois par semaine des cours de chant, d’instrument et de solfège. La deuxième, quant à elle, est composée d’une trentaine de musiciens amateurs qui s’efforcent d’apprendre davantage, année après année, des Noubas et des Q’saids dans le but de représenter brillamment l’association dans les diverses manifestations culturelles et artistiques. Ici au Maroc, lors des célébrations nationales et religieuses, ou encore durant les festivals de musique arabo-andalouse ou ailleurs, en Algérie, en Syrie, en Jordanie, à Bahreïn. En Europe, nous avons déjà donné des concerts en France, en Grèce, aux Pays- Bas, en Espagne, au Portugal et en Grande-Bretagne.

Le gharnati semble séduire un nombre de plus en plus croissant de mélomanes à Oujda. À quoi est dû cet engouement ?

Notre association n’a cessé d’œuvrer pour la pérennité de ce précieux patrimoine. La troupe des grands, formée de membres de différentes générations, symbolise la tradition de la transmission orale de cette musique à travers des siècles. Les plus jeunes, ayant intégré cet art tout petits,  confirment leur place au sein des grands et surprennent par leur maturité artistique, notamment lors du Festival de musique gharnatie d’Oujda, organisé chaque année. D’où l’intérêt octroyé à cette musique par les habitants d’Oujda qui sont de plus en plus nombreux à insérer leurs enfants dans ce parcours artistique, au sein des quelques associations exerçant dans le milieu.

La jeune génération s’intéresse-t-elle à ce répertoire ? La relève est-elle assurée ?

Parfaitement, l’un des défis majeurs des membres du bureau de l’association Al Moussilia de la musique gharnatie à Oujda est d’assurer cette relève avec un travail d’initiation et de conservation du patrimoine qui se perpétue. D’où l’obligation de garantir ces cours de débutants ouverts à toutes tranches d’âges, particulièrement les petits et les jeunes.

Parlez-moi des derniers concerts que vous avez donnés à l’Institut du monde arabe de Paris.

Après la réussite de «La nuit du Gharnati» en janvier 2010, où l’association Al Moussilia de la musique gharnatie à Oujda a représenté excellemment la ville d’Oujda dans le cadre des «Musicales» de l’Institut de monde arabe (IMA) à Paris, l’association a encore une fois répondu présent à l’invitation de l’IMA pour assurer le spectacle «Nuit du Gharnati» le dimanche 18 janvier dernier, en clôture des journées de l’Oriental dans le cadre de la grande manifestation consacrée par l’IMA au Maroc contemporain. Par la même occasion, l’association a joué un spectacle à la Maison du Maroc au profit des étudiants et résidents marocains en France.
 
Quelles actions mène l’association pour préserver le patrimoine musical gharnati ?

Tout d’abord, la perpétuité du travail d’initiation et de conservation du patrimoine à travers l’enseignement de la musique. Ensuite, la promotion de la recherche universitaire et scientifique en accueillant plusieurs étudiants de l’université et d’instituts s’intéressant à la musique arabo-andalouse, en particulier la musique gharnatie. Nous poursuivons par ailleurs nos échanges artistiques avec des associations au Maroc ou à l’étranger pour promouvoir cet art, notamment par le biais des fusions et spectacles communs et participation aux festivals, diffusion des enregistrements CD audio et écrits.