«Zin li fia», un flop au carré

«Zin li fia», dernier spectacle d’Eko, annoncé en fanfare pour Ramadan et over-sponsorisé, s’avère être un flop conséquent.

Le 8 juillet, le public casablancais avait rendez-vous en salle avec l’humoriste Eko qui présentait son show Zin li fia au complexe du Megarama. Vous l’aurez compris, Zin li fia est censé être une riposte sarcastique à Zin li fik, film polémique du réalisateur Nabil Ayouch. Ou, du moins, ainsi fut l’ambition de l’humoriste. Malheureusement, le spectacle avait autant de profondeur qu’un cliché 2D: plat et sans consistance. Un énième rappel que ce qui pourrait faire un tabac sur une capsule Youtube, risque de faire couler un spectacle stand-up.

Publicité mensongère

Bien que l’on puisse être intrigué par le fait qu’un «artiste» s’oppose au droit à la création, l’on ne peut que respecter le choix de chacun d’exprimer son désappointement par rapport à une œuvre donnée.
Ce qui est dommage, par contre, c’est de faire toute une campagne de communication qui surfe sur cette même œuvre qu’on dénonce, pour enfin produire un travail faible en contenu, mais riche en clichés et en blagues réchauffées. Eko a en effet ressorti toutes les critiques faites au film de Nabil Ayouch, à l’actrice principale et au public qui s’est rincé l’œil avant de se mettre à crier au scandale. Sans une once de créativité ni de valeur ajoutée.
Seul «bonus», des parodies de chansons connues avec des paroles moralisatrices adressées de toute évidence à Loubna Abidar. De quoi garantir son quota d’applaudissements faciles…

Mous rires

Pour rester toujours dans le cinéma, question d’avoir un semblant de trame plausible, Eko passe en revue les films et scénarios de par le monde: films indiens, drama turc et télénovelas mexicaines. Une description déjà vue, sans originalité aucune. Si l’on est assez bon public, on pourrait être indulgent avec quelques blagues faciles. Mais l’on ne peut qu’être rebuté par des propos de mauvais goût voire injurieux, flirtant avec l’homophobie et faisant des raccourcis faciles avec l’actualité: «Papa, je ne suis pas ton fils. Je suis ta fille». «Tu dois donc aller à Fès»…

Du coq à l’âne, on se retrouve devant un tout autre registre. Celui de la sempiternelle comparaison entre le Marocain et le «gaouri», comprenez l’étranger civilisé. Cette fois-ci, il s’agit de comparer les habitudes alimentaires de l’un et  de l’autre.
Un lexique de rots et de transit intestinal qui avait de quoi retourner quelques estomacs fragiles ayant à peine quitté la table du ftour. Heureusement, pour le coup, que rire jaune n’a jamais tué personne!