«Valse avec Bachir»

«Valse avec Bachir», mardi 23 novembre à  19h40 sur Arte.

Voilà un film qui nous vient d’Israël et qui mérite d’être vu et revu. Primo, parce que Valse avec Bachir est un chef-d’œuvre avec une intrigue digne des grands films de suspens et une composition graphique, jamais réalisée auparavant dans un film d’animation. Secundo, le film traite d’un des événements les plus dramatiques de notre histoire contemporaine, le massacre de Sabra et Chatila. Tertio, même si le film est israélien, il revisite ces événements avec une bonne dose d’honnêteté. Mais, ce qui est important à relever, c’est que Valse avec Bachir est à la base un film autobiographique, sorti de la mémoire du réalisateur Ari Folman. Et c’est raconté comme tel : Ari, notre metteur en scène, a rendez-vous dans un bar avec un ami de longue date qui est en proie à des cauchemars qui reviennent chaque nuit. Il se retrouve, à chaque fois, pourchassé par 26 chiens. Et c’est exactement le nombre de chiens qu’il avait tués lors de la guerre du Liban, au début des années 80. Ari va se lancer dans cette quête de vérité, de ce qui s’est passé lors de cette période et commence à collecter plus d’informations chez ses anciens compagnons d’armes. Plus Ari s’enfonce à l’intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées refont surface. «Cette histoire est mon histoire personnelle. Le film retrace ce qui s’est passé en moi à partir du jour où j’ai réalisé que certaines parties de ma vie s’étaient complètement effacées de ma mémoire. Les quatre années pendant lesquelles j’ai travaillé sur Valse avec Bachir ont provoqué en moi un violent bouleversement psychologique. J’ai découvert des choses très dures dans mon passé», raconte le metteur en scène. Valse avec Bachir est donc ce qu’on peut qualifier de documentaire d’animation avec une bonne dose onirique. Les choix du dessin, des couleurs et du graphisme rendent le film très mélancolique. La bande originale  est totalement délirante à l’image d’Enola Gay, le tube danse électro des Orchestral Manœuvre in the Dark (OMD). Ceci pour rendre compte de l’insouciance de cette jeunesse israélienne du début des eighties. Les flash-back renforcent une émotion qui monte crescendo. Puis, les images d’archives nous ramènent vers l’essentiel: Beyrouth, une ville en feu et en sang et les camps palestiniens de Sabra et Chatila à la merci des troupes phalangistes et israéliennes. Valse avec Bachir ne nous révélera certes rien de ce qu’on connaît déjà sur ce massacre. Il réussit toutefois à restituer cette partie de l’histoire du Proche-Orient avec comme objectif majeur le devoir de mémoire. Tout simplement époustouflant.

«Valse avec Bachir», mardi 23 novembre à 19h40 sur Arte