Au 22e SIEL, des livres et des Hommes

Du 12 au 21 février, la foire de Casablanca reçoit le Salon international de l’édition et du livre. Des débats sur la politique, le Sahara, les lettres hassanies et la culture amazighe sont au programme de la 22e édition du SIEL.

Voici arrivé l’événement tant attendu des professionnels du livre au Maroc. Jusqu’à cette année, le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) servait de date annonçant la rentrée littéraire. Cette année, après la rentrée littéraire lancée en grande pompe par l’Union des éditeurs marocains, le SIEL permettra surtout au public d’aller à la rencontre des auteurs et de jouir des diverses activités programmées par le ministère de la culture et les 680 différents exposants représentant quarante-quatre pays. Il s’agit bien évidemment de maisons d’édition, mais aussi d’institutions gouvernementales, d’instituts, d’universités et d’associations de la société civile.

Cette année, les relations séculaires entre le Maroc et l’Espagne seront à l’honneur à travers un programme élaboré en partenariat avec l’Institut Cervantès. L’invité d’honneur de la 22e édition du SIEL n’est autre que l’État des Émirats Arabes Unis, dont le rayonnement culturel s’impose depuis des décennies dans la région du Moyen-orient.

Dès le 12 février, la foire de Casablanca sera le lieu de rencontres et de débats de grande qualité. Le ministère de la culture annonce à lui seul quelque 130 activités prévues, comprenant des tables-rondes thématiques, des rétrospectives axées sur la pensée et la création de certains symboles culturels disparus, des rencontres intimes entre les créateurs et leur public, ainsi que des soirées poétiques. Un espace spécial sera réservé aux enfants et élèves dans l’espoir d’en faire les lecteurs chevronnés de demain.

130 activités prévues

A souligner qu’outre les thématiques purement littéraires, telles que la problématique de la traduction, l’écriture et l’enfant, la littérature des voyages, etc., la politique sera au centre de plusieurs débats actuels, dont la culture amazighe, les lettres hassanies, l’histoire du Sahara… Lesdits débats permettront d’apporter un éclairage nécessaire et un approfondissement élaboré par des intellectuels de renom.

La France a annoncé un riche programme fait de rencontres avec des noms qui ont fait la rentrée littéraire de l’année, dont Hédi Keddour auteur du livre Les prépondérants, Grand prix de l’Académie française. Mais aussi de nocturnes à l’Institut français qui accueilleront l’artiste libanais Mazen Kerbaj, ou de théâtre d’improvisation avec les artistes de S’toon Zoo qui travailleront sur les thèmes de la tolérance et la différence. Le pavillon France accueillera également les libraires francophones du monde arabe et des éditeurs du Brésil, de Chine, d’Italie, du Liban, d’Egypte et d’ailleurs pour échanger au sujet de leur rôle de passeur de littérature et de lieu de dialogue culturel. Comme annoncé par le ministère de la culture, le SIEL 2016 mettra la lumière sur les liens civilisationnels entre le Maroc et l’Espagne. Pour ce faire, l’Institut Cervantès a conçu un grand nombre d’activités portant sur la poésie arabe, la lecture pour découvrir le monde, le Maroc et l’Espagne comme source d’inspiration de chaque pays, la télévision et les livres, en plus des rencontres avec des auteurs espagnols, comme Juan Madrid, Lorenzo Silva ou Maria Duenas, et marocains résidents en Espagne tels que Mohamed Lahrichi ou la célèbre Najat El Hachmi.

A visiter également les stands du CNDH qui dédie un bel espace à la littérature engagée dans la promotion des valeurs universelles et des droits de l’Homme, ainsi que celui du CCME qui jette la lumière sur les problématiques politico-culturelles de la communauté marocaine de l’étranger en présence d’intellectuels de la diaspora.

Un forum des éditeurs

Parmi les points forts de la présente édition du SIEL, l’organisation d’un axe professionnel qui devrait contenter les professionnels des livres. En effet, de nombreux salons internationaux du livre sont surtout connus pour cet espace dédié à la vente des droits entre éditeurs. Ceci a pour but de contribuer à ouvrir de nouveaux marchés, à la mondialisation des échanges du livre et à la circulation des idées. En la matière, les Foires du livre de Francfort et de Londres, sont les rendez-vous incontournables de l’édition mondiale. Pour les auteurs confirmés, on y vend les droits de traduction avant même que le manuscrit ne soit achevé. D’autres espaces professionnels tendent à reproduire ce succès : Guadalajara, Cannes, Turin, Sharjah, Beyrouth, pour n’en citer que quelques-uns.

«Dans la géopolitique des échanges économiques et intellectuels centrée sur le livre, Casablanca a toute sa place. Avantagée par 22 ans d’existence du Salon international de l’édition et du livre, Casablanca dispose d’un atout certain en matière d’édition. Pour le Maghreb, l’Afrique subsaharienne, le Liban et les autres pays portant un intérêt pour le monde africain et arabe, le Maroc et Casablanca peuvent devenir un des lieux d’échange de droits», explique-t-on au ministère de la culture. Ledit forum se déroulera sur trois jours, permettant des rencontres professionnelles, entre éditeurs, acquéreurs de droits, professionnels en quête de nouveautés et agents littéraires venus d’une vingtaine de pays, dont le Maroc, les Etats-Unis, la Chine, l’Italie, l’Allemagne, la France, le Brésil, le Royaume-Uni, les Emirats Arabes Unis, l’Algérie, la Tunisie, le Liban, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon.