Atelier 21, la galerie d’art à  visiter

Elle a ouvert ses portes le 21 octobre
Un aménagement digne des meilleures galeries européennes.

Signe qui ne trompe pas du regain de forme du marché de l’art : la floraison des lieux d’exposition. A Azemmour, Marrakech, Tanger ou Essaouira, on en a vu éclore quelques-uns. A Casablanca, neuf étaient en chantier, dont un est déjà fin prêt. Niché au milieu de la paisible rue Abou Mahassine Arrouyani, près du bd.
Al Massira, il répond au nom d’Atelier 21. Vingt-et-un comme le numéro du lieu et en référence à notre siècle. «Atelier» en hommage à cette galerie éponyme, qui rayonnait dans les années soixante-dix, et qui a beaucoup fait pour la percée des artistes contemporains majeurs.
Aux commandes de l’Atelier 21, un duo formé de l’universitaire, critique d’art et commissaire des expositions, Aziz Daki, et de Aïcha Ammor, longtemps directrice de la communication à la SGMB, dont elle supervisait la fondation et gérait la collection, riche de 800 peintures et sculptures.

Aux commandes de l’Atelier 21, le duo Aziz Daki et Aïcha Ammor
Un magasin de prêt-à-porter désaffecté a servi de base de départ à la création de la galerie. Mais convertir un commerce en un espace d’art n’est pas une mince affaire. L’architecte Rachid Andaloussi, ami des artistes, en fit son affaire. Il se surpassa, rendant une copie irréprochable, qui n’a rien à envier aux meilleures galeries européennes ou américaines. Sur 180 m2, avec des murs de 3,80 m de hauteur et revêtu de blanc, l’Atelier 21 comporte des lieux de stockage des œuvres, des humidificateurs pour éviter à celles-ci d’être dégradées, et un système d’éclairage perfectionné. «Le même que celui adopté par les musées du Louvre et Guggenheim», précise M. Daki. Bref, l’Atelier 21, c’est tout pour l’art.

La galerie fait le choix de l’éclectisme pour minimiser les risques
Quelle sorte d’artistes y seront exposés ? Sur ce plan, il n’y aura pas d’exclusive, affirme le duo. Peintres historiques, jeunes talents comme créateurs étrangers, particulièrement arabes, y seront les bienvenus.
Prudence oblige, la galerie opte pour l’éclectisme. Pour ne pas empiéter sur les missions l’un de l’autre et éviter tout conflit qui compromettrait le projet, Aïcha Ammor et Aziz Daki ont bien défini les rôles. L’une se chargera du développement de la galerie, l’autre de l’aspect strictement artistique. Sur lequel, concède ce dernier, la première aura droit de regard, en vertu de sa clairvoyance dans le domaine. Et c’est de conserve qu’ils ont jeté leur dévolu sur Mahi Binebine pour ouvrir le bal.
«Le choix de ce peintre immense pour l’inauguration de l’Atelier 21, explique M.Daki, s’imposait, tant cet artiste multiple est capable d’attirer les publics, de mobiliser les médias et de créer l’événement». Longue vie à ce nouvel espace de culture.