Artistes, réclamez vos droits d’auteur !

Les journées professionnelles sur les droits d’auteur se tiennent aujourd’hui et demain à  la Fabrique culturelle des anciens abattoirs de Casablanca. Kenza Sefrioui nous en explique les enjeux.

«Haqqi gha belfenn» : De quoi s’agit-il ? Qu’y a-t-il au menu de ces journées ?

C’est à la base un projet de fin de formation, initié par les stagiaires qui ont suivi le programme «Dans les règles de l’art». Pendant des mois, de juin à octobre, le Réseau des associations unies pour la qualification sociale, en partenariat avec Casamémoire et en association avec l’Institut des métiers du spectacle de Montpellier et avec un cofinancement de l’Union européenne, a organisé cette formation aux métiers administratifs et techniques du spectacle vivant. Nous proposons donc deux journées de sensibilisation aux droits d’auteur, qui se déclinent en plusieurs volets. Il y a d’abord le volet professionnel, qui s’adresse en priorité aux artistes, avec quatre tables rondes. La première évoquera le rôle du Bureau marocain des droits d’auteur et la loi sur la propriété intellectuelle et artistique. Ensuite, on parlera du rôle des syndicats et du statut de l’artiste en matière de couverture sociale. La troisième table ronde pose la question de la préparation, suffisante ou non, des artistes et de ceux qui se destinent aux différents métiers de la culture, à l’entrée sur le marché du travail. Et la dernière porte sur la diffusion et la redistribution, avec le développement du paysage audiovisuel. Nous prévoyons aussi un espace conseil individualisé, pour qu’un juriste spécialisé en propriété intellectuelle et artistique réponde et oriente les artistes. En parallèle, il y aura des stands où les associations et instituts de formation présenteront leur action. Pour un plus large public, et notamment pour les jeunes, la compagnie Daha Wassa propose une pièce de théâtre, Al Makina, pour raconter comment on monte une pièce de théâtre ou on fabrique un album. Il y aura aussi des projections de courts et moyens métrages pour sensibiliser aux métiers qui constituent un circuit normal de la culture. Et le soir, c’est plus festif, avec des concerts de Mayara Band, Noisea, Babel et Tal’Fine.

Le Bureau marocain des droits d’auteur s’acquitte-t-il convenablement de sa tâche ? A-t-il été invité à cette occasion ?

Oui, le Bureau marocain des droits d’auteur sera là : son directeur, Abdallah Ouadhriri, participe à la première table ronde. Il sera représenté également par un stand. Il n’a pas été évident de contacter cette instance, très bureaucratique et où, en l’absence du directeur, personne ne semble responsabilisé. Le BMDA a surtout communiqué, ces dernières années, sur la lutte contre le piratage, mais a peu parlé de la structuration de la culture en véritable circuit économique. C’est surtout ce point essentiel que nous souhaitons soumettre au débat.

Rappelez-nous l’intérêt d’un bon système du droit d’auteur.

S’ils ne perçoivent pas de rétribution pour leur travail ou pour sa diffusion, les artistes ne peuvent pas vivre, et sont obligés d’avoir une activité pourvoyeuse de revenus, ce qui réduit d’autant plus le temps qu’ils accordent à la création, donc la qualité de ce qu’ils peuvent produire. Et puis, pas de droits d’auteur ni de droits voisins, pas de circuit économique. Or la culture concerne beaucoup de métiers spécifiques, administratifs et techniques, qui entrent dans la chaîne de production, de distribution et de diffusion des œuvres. A ce titre, la culture est un vrai levier de développement économique et social, qui n’a jamais été vraiment pris au sérieux dans notre pays.
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