Après les super-riches, les pubards

«Et puis, qui a capturé ce requin ? Qui l’a mis dans le formol ? Qui a construit cet aquarium ? Qui a installé l’éclairage ?

Extrait :

«Et puis, qui a capturé ce requin ? Qui l’a mis dans le formol ? Qui a construit cet aquarium ? Qui a installé l’éclairage ? Je n’en suis pas absolument certain, mais je serais prêt à parier que les mains de l’artiste ne se sont jamais approchées de cette œuvre. Je vous demande pardon si c’est un ami à vous ou autre.

Mais le fameux postulat voulant que le travail de création consiste à mettre son nom à côté de quelque chose : je continue à tiquer là-dessus. Je considère qu’être artiste, ça veut dire fabriquer des choses. Pas les faire fabriquer par d’autres».

En quelques mots :

Molly est une jeune fille ravissante, intelligente, choyée par ses parents. Rebelle à l’adolescence, elle choque son entourage et fuit la petite ville de son enfance. A Berkeley, elle trouve réconfort dans les bras d’un jeune étudiant en art, John. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse de nouveau… Dix ans plus tard, John, qui mène une brillante carrière dans la publicité à New York, est entraîné par un gourou aussi visionnaire qu’excentrique dans un défi exaltant : tuer la grande machine américaine à slogans publicitaires et sauver l’art. C’est à ce moment que réapparaît la femme qui l’a laissé dévasté des années plus tôt. Au travers des parcours de ces deux personnages qui s’entremêlent, Jonathan Dee s’interroge sur les origines de l’art, explore la douleur de l’amour perdu et, surtout dresse un fabuleux portrait de l’Amérique des années 1980, grande machine à rêves et terreau du cynisme universel.

L’auteur :

Diplômé de Yale, Jonathan Dee enseigne la littérature à l’université prestigieuse de Columbia et à la New School de New York. Il écrit des chroniques littéraires pour le New York Times Magazine et le magazine Harper’s .Il a publié cinq romans aux Etats-Unis. Son premier roman traduit en français, Les Privilèges (Editions Plon, 2011 ; Editions 10×18, 2012), a reçu le prix Fitzgerald et a été salué par la critique internationale.

Ce qu’en pense «La Vie éco» :

Et Dieu créa les traducteurs ! Grâce à eux, nous pouvons depuis un an lire du Jonathan Dee. Ce disséqueur du réel s’empare d’un sujet et ne le lâche pas avant de l’avoir décrit amplement, magistralement. Avec Les Privilèges, il nous avait plongés dans le tourbillon implacable et déroutant du trading de haut vol. Là, c’est le milieu de la pub, décharné, aseptisé, dépouillé de toute âme et d’un cynisme grinçant qui nous est donné à voir avec une effrayante clarté. Et beaucoup de talent.

«La fabrique à illusions», de Jonathan Dee, traduction d’Anouk
Neuhoff, Editions Plon, août 2012, 440 pages, 270 DH.

Proposé par la librairie : livremoi.ma