«Platoon», de la guerre et de ses travers

«Platoon», mercredi 10 novembre à  20h55 sur France 3.

Pour cette semaine, on vous propose Platoon, un film sur la guerre. Alors que le conflit en Afghanistan s’enlise et la «war on terror» en Irak est encore loin d’être terminée, il est toujours utile de voir comment cette guerre au Vietnam s’est véritablement déroulée. Puis, il y a cette actualité écrasante de vérité : les documents secrets mis en ligne par le site Wikileaks révèlent des dépassements et des crimes perpétrés par l’armée US, que ce soit en Irak ou en Afghanistan et qui sont aujourd’hui du domaine public. Mais, revenons à Platoon, puisque c’est de cette œuvre qu’il s’agit. Le film est à voir pour plusieurs raisons. D’abord, il a été réalisé par le grand scénariste, producteur et réalisateur américain Oliver Stone, auteur notamment de Né un 4 juillet, Midnight Express, JFK, Salvador, The Doors ou de son dernier Wall Street, l’argent ne dort jamais et, faut-il le rappeler, un opposant farouche de la guerre menée par les Américains en Irak. Ensuite, Platoon est en grande partie inspiré de la propre expérience de Stone, du temps où il était volontaire et où il a été blessé deux fois. Enfin, Platoon est un classique des films de guerre qui a reçu une multitude de prix, dont quatre Oscars, trois Golden Globes et l’Ours d’argent à Berlin. Pour ce qui est de l’histoire, Chris Taylor, 19 ans, interprété par Charlie Sheen, s’en va en guerre au Vietnam imitant son père qui a été un soldat valeureux et héroïque. Son but : défendre son pays, les Etats-Unis, dans les rizières de l’Indochine. Mais, à peine débarqué, il découvre la véritable réalité de cette guerre, faite de sang, de violence, parfois gratuite, et de peur. Il assiste au sadisme criminel du sergent Barnes,  rôle admirablement joué par Tom Berenger, et essaie de garder son humanité, le temps de sortir vivant de ce cauchemar. La mise en scène de Platoon est tout simplement admirable. Le casting regroupe des acteurs de talent : à côté de Sheen et de Berenger, on retrouve Forest Whitaker ainsi que l’excellent Willem Dafoe dans le rôle du sergent Elias. D’ailleurs, c’est lui qui joue la scène de clôture du film, une des plus abouties du Septième art : sa propre mort les bras en croix, devant ses compagnons qui assistent impuissants à cette fin dramatique. Et une bande originale toute en mélancolie avec, entre autres, le beau morceau des Jefferson Airplane, White Rabbit. A voir absolument !

«Platoon», mercredi 10 novembre à 20h55 sur France 3