«Marock», une polémique et une réussite cinématographique

«Marock», vendredi 26 novembre à  21h15 sur Nessma.

Bien avant Casanegra, c’est Marock qui a défrayé la chronique. Pour les défenseurs de ce film, Laïla Marrakchi, la réalisatrice, a réussi le beau pari de dépeindre, avec un ton juste et des situations qu’aucun autre film auparavant n’avait osé aborder, un Maroc encore peu mis en images, celui de la jeunesse dorée de Casablanca. Pour les contre, Marock est tout simplement une insulte aux valeurs arabo-musulmanes. A noter que la valeur esthétique du film n’a été que peu discutée. C’est que, bien avant sa sortie, lors de sa programmation à la VIIIe édition du Festival national du film en décembre 2005, les réactions étaient, le moins que l’on puisse dire, violentes. Après la sortie du film dans les salles, en mai 2006, le PJD avait demandé au gouvernement son interdiction, soutenant que la réalisatrice s’était attaquée aux symboles de l’Islam, à savoir la prière et le Ramadan. Qu’est-ce qui a poussé islamistes et traditionalistes à demander l’interdiction d’une œuvre cinématographique au lieu de la boycotter tout simplement ? Une histoire d’amour où le rôle de l’amoureux, du puissant dans une société machiste comme la nôtre, est joué par un personnage marocain de confession juive. Alors que l’héroïne est de confession musulmane. Ou encore ces clins d’œil à une société qui ne considère le Ramadan que comme une autre hypocrisie sociale, à gérer l’espace d’un mois. Marock, le film, c’est l’histoire de Rita qui vient de réussir son bac français. Elle tombe amoureuse de Youri Benchettrit qui partage avec elle l’appartenance à une même classe sociale aisée, mais n’a pas la même religion. Ce qui va compliquer leur relation. Ils décident quand même de vivre pleinement leur amour, sortent en boîte de nuit, boivent de l’alcool… A travers les personnages du film, des adolescents faisant partie de la jeunesse dorée marocaine, Laïla Marrakchi essaie de décrire une partie de la société marocaine. Marock, c’est finalement un «teen movie» qui mérite le détour, au moins pour toute la polémique qu’il a suscitée.

 
«Marock», vendredi 26 novembre à 21h15 sur Nessma