«Le ministère de la culture s’est inspiré de notre travail sans le reconnaître»

Désormais, Dabateatr, ce sont pas moins de douze ateliers hebdomadaires qui se déroulent durant toute l’année et qui sont couronnés par un festival fédérant une centaine d’amateurs de théà¢tre.

La troupe Dabateatr revient pour offrir à son public r’bati un nouveau rendez-vous culturel : 9lil & Mdawem. Ce que nous pourrions traduire maladroitement par «Peu mais permanent». Peu mais mieux, en somme ! Au programme de ces rencontres qui auront lieu au café du Cinéma Renaissance, du théâtre, de l’improvisation et des interactions sociales ! Jaouad Essounani, le fondateur de la compagnie Dabateatr, nous explique tout cela, ainsi que ses griefs vis-à-vis du ministère de la culture, qu’il accuse de manque de reconnaissance.

Dabateatr ambitionne à travers ce nouveau programme d’impliquer davantage la cité et les citoyens de Rabat. Comment compte-t-elle s’y prendre ?

Avant, nous impliquions déjà les spectateurs dans nos processus de création, ils venaient dans un théâtre ou nos locaux aux Oudayas pour y participer. Nous avons gardé cette forme d’interactivité sauf que, dans le cas de 9lil w mdawem, nous occupons le café de la salle Renaissance et faisons participer les clients en temps réel à nos écritures, improvisations et jeux théâtraux.
Nous avons aussi ouvert nos ateliers à un public encore plus large. Désormais, Dabateatr, ce sont pas moins de douze ateliers hebdomadaires qui se déroulent durant toute l’année et qui sont couronnés par un festival fédérant une centaine d’amateurs de théâtre.
Nous souhaitons, dès le mois de mars, retrouver notre rythme de seize jours culturels par mois que nous avions atteint de 2010 à 2012.
Notre autre vœu pour l’année est de réaliser notre projet de lieu propre à Dabateatr.

Un bilan de vos dernières expériences, Dabateatr Citoyen, La3bodaba, ArtQaïda?

Plus que positif ! Avec, malheureusement, une frustration de taille : nos responsables ne savent pas encore encourager et accompagner une dynamique aussi innovatrice et pertinente que celle qu’a créée Dabateatr dans l’histoire des pratiques artistiques au Maroc.
Dans son nouvel appel à candidature, le ministère de la culture s’inspire de Dabateatr, une sorte de mauvais copier/coller, bien sûr sans le reconnaître, pour ce qu’il appelle la domiciliation des troupes (résidences longues des troupes dans les théâtres).
Comble de l’absurde, nous sommes invités à postuler pour quelque chose dont nous avons été les pionniers. Nous le ferons avec beaucoup de craintes et de méfiance. Car nous sommes écartés de toute programmation, achat ou production de spectacles depuis octobre 2010 ! Nous avons aussi été écartés de la programmation Maroc contemporain à l’Institut du monde arabe de Paris, de l’ouverture de la saison théâtrale alors que nous avons raflé les prix au festival national et au Festival du théâtre arabe. La liste est longue. Nous attendons avec impatience les résultats pour notre candidature à la domiciliation des troupes.

À part ce nouveau rendez-vous culturel, que nous concoctez-vous de beau pour cette année ?

Pas moins de trois nouvelles créations dont je ne révélerai pas les titres pour le moment. Mais ce sera toujours aussi diversifié qu’avant, entre danse/théâtre en passant par un petit retour au spectacle de rue (ce que beaucoup oublient c’est que Dabateatr est la première compagnie marocaine à avoir initié le spectacle de rue au Maroc) et ensuite des formes artistiques plus intimistes.