Afrique mal-aimée

On la connaît tous, cette obsession de l’immigration qui ronge les esprits des jeunes déçus, déchus, de nos pays d’Afrique. Ici, elle est décrite avec une force, une intensité qui vous saisira aux tripes. Une lecture poignante, dure mais nécessaire.

Extrait :

A chacun son destin. Il y a les uns et puis les autres. Tout le monde n’a pas tiré la carte du destin grandiose. Je fais partie de ceux qui permettent aux chanceux de prendre conscience qu’ils le sont. Mais peut-être que je me trompais. Peut-être que le bonheur se trouve dans les petits riens. Comme le son d’un rire apaisant.

En quelques mots :

Toumani, Iman et Alyssa ont ce point commun d’être des enfants de cette Afrique noire musulmane piégée entre deux mondes, incapable d’offrir à son peuple une société égalitaire, honnête et humaniste, qui précipite ses jeunes dans des barques de malheur, parce qu’ils préfèrent «mourir là bas que ne pas vivre ici». Chaque chapitre se fait la voix d’un de ces personnages intenses, poignants et férocement attachants pour nous révéler à travers une succession d’histoires émouvantes leur destin funeste. L’un est acheté à l’âge de 10 ans pour être jeté en pâture aux âmes diaboliques du monde moderne, l’autre est rejeté par sa mère car issu d’une union avec un homme blanc qui l’abandonnera aussitôt pour retrouver son épouse européenne ; l’autre porte en elle tout l’espoir et toute la terreur de cette Afrique mal dans sa peau, personnage ambivalent qui contribue à ajouter au malaise ambiant.
La grand-mère, captive de sa foi, voyant la main de Dieu dans tous les événements tragiques qui se trament autour d’elle, et Zainab, jeune mère rebelle et fière, qui voit fuir sa jeunesse et ses espoirs à la naissance de son fils métis et bâtard, viennent compléter une galerie de personnages complexes, révélateurs d’un continent qui se cherche et tarde à se trouver.
Un roman bouleversant et captivant, lauréat du prix Robert Cliche en 2011.

L’auteur :

Ryad Assani-Razaki est né en 1981 à Cotonou. Il quitte le Bénin pour étudier l’informatique aux Etats-Unis, puis s’installe à Montréal. Il est également auteur d’un recueil de nouvelles salué par la critique, Deux Cercles (VLB Editeur, 2009).

Ce qu’en pense  «La Vie éco» :

On la connaît tous, cette obsession de l’immigration qui ronge les esprits des jeunes déçus, déchus, de nos pays d’Afrique. Ici, elle est décrite avec une force, une intensité qui vous saisira aux tripes. Une lecture poignante, dure mais nécessaire.

«La Main d’Iman», Ryad Assani-Razaki, Edition Liana Levi, 2011, 330 pages, 270 DH.