«Anges et démons» : les vrais et les faux dévots !

Dan Brown se réconcilie avec l’Eglise.

Hans Zimmer impose le rythme
du film.

«Si ça a marché une première fois, ça devrait marcher une seconde fois !». C’est probablement cela que s’est dit Ron Howard en tournant son tout nouveau film, Anges et Démons (*), adapté du best-seller éponyme de Dan Brown. Car, à quelques détails près, ce nouveau-né ressemble à celui qui a attisé la colère du Vatican : le scandaleux Da Vinci Code. Sauf que, cette fois-ci, l’auteur s’est montré plutôt conciliant en se permettant moins d’«hérésie». Si l’on s’amusait à trouver les points communs entre les deux films, on serait étonné du nombre de similitudes. Pour commencer, le réalisateur a choisi de reprendre un Tom Hanks, toujours aussi intelligent, se fondant à la perfection dans la peau d’un éminent professeur. Il y a ensuite une société secrète, en l’occurrence les Illuminati, qui menace d’ébranler (encore une fois) la foi des  chrétiens. Et puis des stigmates et des signes à décoder sur des corps meurtris… Enfin, le spectre de la mort et de l’anéantissement est toujours très présent et plane tout au long du film.
Mais contrairement au Da Vinci Code, le discours d’Anges et démons est plus mesuré. Et la légitimité de l’Eglise n’est pas remise en cause. Sauf que…les Illuminati reviennent, opposant la lumière aux ténèbres, la science à la religion. C’est autour de ce conflit que se trame l’histoire de ce film. Nous voilà témoin d’un face à face où la logique du cœur essaye d’apprivoiser l’impitoyable froideur de la raison.  
Plus vite, plus rythmé…
Dans les effets de réalisation, Anges et démons se démarque, tout de même, de Da Vinci Code. Le rythme est bien plus accéléré que le premier. Le film avance vite, les scènes fugaces…Le cinéaste alterne de superbes plans de Rome et poursuites haletantes. Mais si la religion et la science ne font pas cause commune chez Dan Brown, il arrive parfois que l’auteur, lui-même, bascule dans l’irrationnel en préservant (coûte que coûte)  la vie des protagonistes de son intrigue. Chose qui tient davantage du miracle que de la raison !
Mais, on ne peut parler du film sans évoquer la musique de Hans Zimmer, ce compositeur à qui l’on doit, entre autres, le succès de Gladiator de Ridley Scott. La musique de Zimmer est une pièce maîtresse d’Anges et Démons. Elle s’imbrique parfaitement au récit. Les dialogues rebondissent sur les notes. Une musique qui, au-delà de sa valeur esthétique, impose le rythme du film.  Anges et démons demeure, néanmoins, un film captivant même si, au box-office, il n’a pas réalisé le succès de Da Vinci Code. Mais comme tout est bien qui finit bien,  Dan Brown et l’Eglise catholique semblent bien partis pour une longue réconciliation.