«A travers l’art, le Maroc répand un message d’amour et de paix»

L’exposition «Le Maroc Médiéval, un empire de l’Afrique à  l’Espagne» vient de poser bagage au MMVI. Mehdi Qotbi, président de la Fondation des musées, nous en parle.

L’exposition Maroc Médiéval est enfin arrivée à Rabat. Quel accueil a-t-elle auprès des visiteurs ?

Un excellent accueil ! Avec beaucoup de curiosité et de passion. Certaines personnes ayant déjà vu l’exposition au Louvre sont même allées jusqu’à préférer celle du Musée Mohammed VI. Et pour cause. Les commissaires à l’exposition ont apporté le plus grand soin au choix des œuvres, à l’agencement des couleurs et à la mise en place d’une continuité historique qui entraîne le visiteur du début à la fin.

Pour mieux expliquer l’exposition, un cycle de conférences est prévu. De quoi s’agit-il ?

Le cycle de conférences est censé apporter plus de lumières sur l’époque. La première conférence tenue le 11 mars par exemple portait sur «Le chérifisme et le soufisme dans l’histoire du Maroc». Elle a été donnée par le ministre des habous, le professeur Ahmed Taoufiq. Celle du 25 mars portera sur «Les sources littéraires du Maroc Médiéval». La Bibliothèque nationale aura aussi l’occasion d’animer une conférence en avril. Mais nous aurons également un spectacle de mouachahate le 22 avril et la projection d’un film historique le 6 mai. J’ai nommé Jarat Abi Moussa. Cela montre également la transversalité des actions prévues par le musée.

L’exposition intéresserait-elle d’autres organismes ?

En effet ! Avant même de venir à Rabat, on était en négociations avec le Conseil culturel espagnol. Une exposition est donc prévue à Madrid pour exposer ce travail qui décrit un pan de l’histoire commune de nos deux pays. Et dans ce même cadre d’ouverture sur le monde, d’autres négociations sont en cours pour exposer Le Maroc Médiéval à Toronto et au Qatar.

Quel est selon vous l’intérêt d’exposer le Maroc Médiéval aujourd’hui ?

Une telle exposition est un témoignage historique important. Vous savez, lorsqu’on voit ce qui se passe actuellement dans certaines parties du monde, dont la culture a rayonné pendant des siècles et qui voient aujourd’hui leur patrimoine se perdre à cause d’allumés qui parlent au nom de l’Islam, on se dit qu’on a un grand rôle à jouer en tant que promoteurs de l’Islam marocain. Un Islam ouvert, tolérant, humaniste et culturel. Je pense que le Maroc, à travers son art, peut répandre un message d’amour et de paix. C’est même de son devoir en cette période de tension et de violence.