A Agadir, Timitar V se prépare en grand…

600 artistes, 50 concerts, 3 scènes et une programmation exigeante.?
Voilà ce que propose aux 800000 visiteurs espérés la Ve édition de Timitar qui se déroulera du 1er au 6 juillet à Agadir.

Dans le souci de ne pas se laisser distancer par les autres grands gabarits, Timitar a mis le paquet cette année. Normal quand on s’affirme comme premier grand rendez-vous de l’été musical marocain. Il faut reconnaître que jamais Agadir n’a montré des signes de fatigue tout au long de son parcours en quatre étapes.

Cela est certainement dû à la foi énergique qui anime ses servants. «Bien avant qu’une édition ne s’achève, j’ai déjà la tête à la suivante, dit Brahim El Mazned, directeur artistique de Timitar. Je prends un mois de vacances, puis je me mets au travail».

Le fruit de cette patiente préparation est des plus alléchants. On y trouve ce qui se fait de mieux en matière de rways : Fatima Tabaamrant, Outajajt, Lahoucine Amarakchi, Moulay Ahmed Ihihi, Fatima Tihihit et Haj Amentag. Des figures des musiques noires seront présentes, à savoir Youssou N’Dour, Alpha Blondy, Rokia Traoré et Salif Keita. Réunir ces emblèmes est un exploit en soi. Et ce n’est pas fini.

Lemchaheb, groupe marocain né dans les seventies ; Idir, le chantre de la berbéritude ; Marcel Khalifa, l’éveilleur des consciences; Izenzaren, pendant amazigh de Nass Al Ghiwane ; Najat Atabou, toujours splendidement rugissante et Cheb Khaled, avec son éternel sourire charmeur, seront de la fête. A cette valise de gloires inoxydables s’ajoutent Takfarinas, Oulad el Bouazzaoui, Cherifa et Ahouzar, sans oublier les icônes du cru: Oudaden. Ouf!

Idir, Youssou N’Dour, Khaled et Atabou, invités de marque
Derrière ces valeurs sûres, on ira chercher des noms plus discrets, à suivre dans les saisons futures. Premiers à se signaler, les groupes qui s’assignent la mission de réinventer la musique amazighe traditionnelle : Imghrane, Tarragt, Azenkd ou Toudart. Ensuite, les musiciens issus de l’immigration tels Chalaban, Raïss Tijani, Walid Mimoun, Yuba et Mehdi Haddab. Enfin, les représentants de la scène marocaine alternative, comme Amarg Fusion, Darga, Fès City Clan, Rap 2 Bleb…

En somme, une très vaste affiche, qui entortille les grands noms et les talents montants avec un joyeux mépris des genres. «Timitar n’est pas spécialisé dans un genre musical particulier, explique M. El Mazned. Il est conçu comme une fête. Tout le monde a droit à la fête. D’où notre principe de respecter tous les goûts, tous les publics». Il y a, cependant, un fil rouge qui sous-tend cette programmation apparemment hétéroclite : l’engagement.

Youssou N’Dour, Lemchaheb, Idir, Marcel Khalifa, Alpha Blondy, Salif Keita, Amarg Fusion, Darga, et tant et tant d’artistes invités sont des musiciens essentiels doublés d’éveilleurs de consciences. Jusqu’aux rways, ces griots qui empoignent le réel et le restituent dans leurs poèmes. L’une des vertus de ce Timitar est de ne pas feindre d’oublier que le monde est tombé sur la tête.