46 concerts offerts par «Timitar»

Lors de la conférence de presse donnée le jeudi 7 avril au Sofitel d’Agadir, les propos parfois fielleux des rabat-joie de service n’ont pas entamé la sérénité réjouie des organisateurs du festival «Timitar».

Lors de la conférence de presse donnée le jeudi 7 avril au Sofitel d’Agadir, les propos parfois fielleux des rabat-joie de service n’ont pas entamé la sérénité réjouie des organisateurs du festival «Timitar».
Nass El Ghiwane ouvriront les festivités

Ceux-ci étaient restés sur un nuage. Légitimement. Pour son baptême, Timitar avait fait mieux que réussir, il avait épaté. En témoigne le succès fracassant aussi bien public (500 000 visiteurs en basse saison) qu’artistique qu’il a rencontré, le tout sans incident, faut-il le souligner. Pour autant, les concepteurs ne sont pas tombés dans les travers de l’auto-satisfaction. A l’énoncé des réjouissances, on sentait qu’ils avaient vingt fois sur le métier remis leur ouvrage, pour offrir un programmme encore plus surprenant.
Auparavant, ils ont procédé à quelques réglages nécessaires. C’est ainsi que l’Association Timitar a été créée. A ses commandes, Abdellah Rhallam. Cet ancien président du Raja saura sûrement insuffler le désir de «la gagne» à son équipe. La direction du festival est aujourd’hui assurée par Fatim-Zohra Amor, dame peu loquace mais diablement efficace. Quant aux tâches de communication, elles sont, cette saison, imparties à LTB, l’ancienne agence ayant montré quelques signes de défaillance. Que l’on se rassure, Brahim El Mazned est maintenu comme directeur artistique. On n’échange pas un étalon contre une haridelle.
De la chanson amazighe au jazz, de la guedra au rap ou au raï, Timitar saute élégamment du coq à l’âne, jeunes ou vieux briscards, musique savante et variétoche. La soirée du samedi 2 juillet s’ouvre dans l’intimité du quatuor magique Nass El Ghiwane, figure du protest song, pour se clore sur les démonstrations des bêtes de scène que sont les Oudaden. La ligne éclectique et ludique, bien qu’y domine légèrement la tonalité amazighe, reste inchangée, mais l’affiche est pléthorique (46 concerts, 400 artistes) et la durée allongée (8 jours au lieu de 5, du 2 au 9 juillet). Le programmateur Brahim El Mazned ne pourra éviter le vagabondage du public entre la place Al Amal, le Théâtre de verdure et la scène Bijaouane. Car les spectacles se chevaucheront fatalement, ce qui encouragera le zapping, auquel on donnera libre cours, d’autant que l’accès aux lieux est gratuit.
Une pluie de têtes d’affiche et de têtes couronnées, avec le Sénégalais Ismaël Lô, Mohamed Rouicha, Lotfi Bouchnak, l’Ivoirien Alpha Blondy, Rkia Demsiriya, Najat Atabou, Faudel, Amazigh Kateb. Des promesses de concerts ravageurs et dynamités, genre Scène Hip Hop, Scène Rap, le Hip Hop National, Gnaoua Diffusion. Une profusion de curiosités : Enzo Avitabile,Weshm, Ensemble Tareq Al Nasser Rum, Jbara, Lahoucine Kili, Marcia Short…
Timitar a fait fort, cette année, en composant un plat à partir d’ingrédients qu’on n’a pas coutume d’associer. Mais que l’on se laisse emporter par la curiosité et que l’on y trempe ses sens. On en sera délicieusement chaviré .