Yes, we can

L’ample victoire obtenue par les Lions aux dépens du Mozambique est légitimement fêtée comme un véritable bain de jouvence.

L’ample victoire obtenue par les Lions aux dépens du Mozambique est légitimement fêtée comme un véritable bain de jouvence. Comment ne pas opposer au spectacle affligeant donné par les footballeurs de Gerets la joie de jouer, la combativité, le patriotisme des poulains de Taoussi. D’un côté, les vaillants Bergdish, Berrada, Sâaidi, Larabi, de l’autre, les… vaniteux éclopés. Je m’interdirai de les nommer, parce que c’est moins à tel ou tel qu’il faut s’en prendre qu’à un système pervers fondé sur l’arrogance et le favoritisme. Comme de juste, la qualification –inespérée- de l’équipe nationale à la CAN redonne à un peuple inquiet sa fierté.

Car aujourd’hui ce qui fait défaut au Maroc, ce ne sont ni les ressources, ni les capitaux, ni le talent, c’est l’estime de soi. Or, au-delà des exceptionnelles qualités physiques et morales de la plupart des joueurs, le message collectif qu’ils ont émis depuis Marrakech est clair : il n’y a aucune raison que dans n’importe quel domaine le Maroc se suffit à servir de faire-valoir. C’est pourquoi lorsqu’on vit, à quelques minutes de la fin de la rencontre, Bergdish déposer le ballon sur la tête de Larabi, pour un 3-0 libérateur, on a tous été bruyamment émus. Au-delà de la satisfaction d’amour-propre offerte au cœur des Marocains, ce coup de boule rageur avait une signification profonde, qui peut se traduire en américain par « Yes, we can ».