Vandalisme

Plusieurs zones subsahariennes se retrouvent infestées par des sectaires, d’obédience wahhabiste, qui, au nom de l’islam, perpètrent des crimes innommables, tout en semant la terreur parmi la population impuissante, au mépris du texte coranique et des dits du Prophète.

Qui eût cru, il y a quelques années, que le pire, en matière de dérive religieuse, pourrait émaner de cette Afrique subsaharienne si avenante, si ouverte, si joyeuse, si inventive ? Mais voilà, l’inattendu est advenu, l’imprévisible nous est tombé sur la tête, et nous sommes complètement sonnés, d’autant que, ne nous sentant pas concernés par cette région du monde, nous n’avons pas pu voir s’insinuer le péril. Car il y a péril même pour nous, puisque seul le désert nous en sépare, mais le désert n’est plus une arme de dissuasion. Plusieurs zones subsahariennes se retrouvent infestées par des sectaires, d’obédience wahhabiste, qui, au nom de l’islam des origines (il a bon dos), perpètrent des crimes innommables, des massacres d’innocents insoutenables, des fratricides abominables, tout en semant la terreur parmi la population impuissante, au mépris du texte coranique et des dits du Prophète. Au regard de ces illuminés funestes, les extrémistes classiques passeraient, si j’ose dire, pour des enfants de chœur. Récemment, incarnés par les salafistes d’Ansar Dine («Défenseurs de la religion»), à Tombouctou (Mali), ils se sont illustrés par leur déchaînement sur les sanctuaires des saints musulmans, et, deux jours plus tard, par leur démolition de la porte  de la mosquée Sidi Yahyia, un édifice grandiose du XVe siècle, légitimant leur vandalisme par la conviction selon laquelle mausolées et mosquées (sic) relèveraient de l’idolâtrie. Littéralement alarmant.