Une victoire qui sème le doute

Trêve de triomphalisme. Soyons lucides ! Dimanche dernier, les Lions de l’Atlas ont vaincu et peu convaincu. Eussent-ils converti la moitié des aubaines présentées à eux, grâce à l’insigne faiblesse d’un adversaire qui n’a sûrement pas inventé la brosse à reluire les godillots de ses soldats sans armes, on n’y aurait vu que du feu. Mais, en peinant à conclure pendant vingt interminables minutes, en manquant, à plusieurs reprises, l’immanquable, en se faisant doucher par un but égalisateur, la sélection nationale a étalé au grand jour ses pitoyables imperfections. Stupéfiantes au regard de la valeur intrinsèque des éléments qui composent l’ensemble.

Sauf qu’une somme d’individualités, si douées soient-elles, ne donne pas forcément un tout cohérent. L’incohérence est un mal incurable dont pâtissent les Lions, pourtant superbes parfois, souvent généreux individuellement. Elle se traduit par un manque de liant entre les trois compartiments de jeu, un déficit de cohésion au niveau de l’attaque et une insuffisance d’esprit de corps. A l’issue de la confrontation, certains n’ont pas manqué de pointer les défaillances des Lions, d’autres, mille fois plus nombreux, enivrés par leur triomphe, les voient déjà conquérir la toison d’or de la CAN. Le doute est permis. Ce n’est pas parce que les ogres tels que l’Egypte, le Cameroun ou le Nigéria ont été mis hors d’état de nuire que le Maroc aura la partie facile, surtout s’il se présente en l’état. Mais sait-on jamais ?