Une soif de justice

Par paradoxe, plus les années nous séparent de l’ère de l’arbitraire, plus notre désir de justice sociale devient pressant.

Par paradoxe, plus les années nous séparent de l’ère de l’arbitraire, plus notre désir de justice sociale devient pressant. Sans doute parce qu’aux extrémités de la structure sociale (riches/pauvres), les inégalités se sont creusées. Ce qui fait que l’exigence de justice s’accompagne de la doléance d’égalité des chances. Une société juste, c’est à quoi tout citoyen aspire, mais elle serait idéale si elle était bonne pour les individus en tant que sujets. Elle doit accorder à chacun-riche ou pauvre, homme ou femme, noir ou blanc, rural ou citadin- les mêmes chances d’atteindre toutes les positions sociales en fonction de son mérite et de ses compétences. Et si l’on ne tient pas à ce que les désirs de justice se transforment en ressentiment, en peur et en égoïsme, il importe que les citoyens soient traités de manière juste dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement et de la culture. Ce n’est qu’en faisant triompher l’égalité sociale que le Maroc, qui affirme, du reste, que tous les citoyens sont libres et égaux, prouvera qu’il constitue bel et bien une démocratie, ce mode politique étant, plus que tout autre, soumis à un impératif de justice sociale. Sauf chez des sinistres imposteurs, comme ce faux démocrate, à la tête d’une puissance, qui affirme sans rire : «La démocratie, c’est comme le bus, on en descend une fois arrivé».