Une larme sur le TAS

Depuis l’épilogue d’un considérable feuilleton émaillé de rebondissements, les milieux footballistiques ne bruissent plus que de la déchéance de ce ci-devant preux chevalier désormais réduit à  ferrailler avec la roture.

Depuis l’épilogue d’un considérable feuilleton émaillé de rebondissements, les milieux footballistiques ne bruissent plus que de la déchéance de ce ci-devant preux chevalier désormais réduit à ferrailler avec la roture. Les loyaux, très à cheval sur l’honneur, en ressentent un sentiment d’infamie ; les sensibles pleurent toutes les larmes de leur corps de voir leur équipe chérie ainsi déclassée, et les nostalgiques émus se souviennent que, dans un temps pas si lointain, le TAS tenait par le bout du cœur par son jeu pétillant. Les foules déferlaient sur les stades pour s’en régaler, admirer la virtuosité de Noumir et Bouassa, applaudir la rigueur – un brin rugueuse – des défenseurs Bouchaïb et Meskini, et pavoiser devant la vaillance de onze mousquetaires portant un uniforme d’une blancheur immaculée, semblable à celui d’un grand d’Espagne, le légendaire Real Madrid. Pourtant, le TAS ne roulait pas sur l’or, il se maintenait grâce à la sagacité de son président-entraîneur, Larbi Zaouli, qui pourvoyait les grosses cylindrées de joueurs formés au club. Lequel constituait l’idole des gens de modeste condition parce qu’il incarnait les valeurs du peuple, enflammait les Nass El Ghiwane, piquait la curiosité d’un prosateur d’envergure tel que Fouad Laroui qui lui consacra un chapitre de son meilleur roman, «Une année chez les Français». Pleure, ô équipe bien-aimée !