Un fossoyeur de l’islam

Mohamed Merah a été abattu, mais d’où cette bête a surgi, le ventre demeure fécond. Ce qui promet aux vrais musulmans un déluge de remords, de larmes et d’avanies.

Il n’existe pas d’échelle des horreurs, vu que toutes se valent dans la sensation d’effroi qu’elles génèrent. En tant que telles, elles s’avèrent inadmissibles, mais certaines plus que d’autres. Ainsi les tueries de la caserne du 17e Régiment du génie parachutiste de Montauban (11 et 15 mars) et de l’école Ozar Hatorah de Toulouse (19 mars). Leur auteur constituait un seul et même monstre, qui se disait, avec fierté, salafiste djihadiste. Cependant, le djihad, même dévoyé de sa réelle signification par les fanatiques assoiffés de sang, s’exerce «seulement» aux dépens des ennemis déclarés de l’islam. Or deux des trois militaires froidement assassinés, le Marocain Imad Ibn Ziaten et l’Algérien Mohamed Legouad, se caractérisaient par leur fervent attachement à la religion musulmane ; les trois chérubins juifs, expédiés brutalement au Royaume des anges (Arieh, 3 ans et demi, Gabriel, 5 ans, Myriam, 8 ans), se rendaient forcément insoupçonnables de haine confessionnelle. Dès lors, ces meurtres, perpétrés, pourtant, au nom du djihad, deviennent inexplicables. Reste que leur effet sur l’image de l’islam est désastreusement certain. Ils contribueront au renforcement des rangs de ceux, nombreux, qui, par confusion mentale ou ressentiment ranci, ne distinguent pas entre islam et terrorisme. Mohamed Merah a été abattu, mais d’où cette bête a surgi, le ventre demeure fécond. Ce qui promet aux vrais musulmans un déluge de remords, de larmes et d’avanies.