Un an après

Un vendredi soir, le Maroc a été réveillé par l’horreur, les attentats de Casablanca plongeaient le pays dans la stupeur. Le 25 mai, une semaine après, la manifestation la plus importante de l’histoire du pays rejetait avec dégoût le terrorisme, l’intégrisme, la barbarie, en arborant le drapeau national en signe d’appartenance et d’aptitude à la défense de la patrie.
Un débat franc, enfiévré s’enclenchait ; seulement, les politiques l’ont vite avorté, par veulerie, lâcheté, mais surtout une grande imbécilité. Un an après, les mouvements intégristes, mis à l’index après le 16 mai au point qu’ils n’ont pu défiler avec les Marocains, ont été « normalisés». Partout au Maroc, ils ont pu s’allier avec tous les partis politiques au point qu’aujourd’hui seules quelques voix tiennent toujours le discours de la raison : l’extrémisme, le religieux, l’intégrisme dans son ensemble sont une pépinière du terrorisme.
Pourtant, durant cette année rien n’est venu infirmer cette assertion et justifier la trahison de certains politiques. Après le 16 mai, un juif a été assassiné parce qu’il était juif, des fonctionnaires abattus, mutilés, parce qu’ils travaillent pour l’Etat impie et surtout, quotidiennement, des Marocains sèment la désolation ici et ailleurs au nom de l’islam.
Le Maroc est toujours dans l’œil du cyclone
Les sécuritaires ont démantelé des centaines de cellules, dont certaines déjà détentrices d’explosifs et d’objectifs précis à faire exploser. Le Maroc est toujours un pays visé, dans l’œil du cyclone. Il faut être aveugle pour le nier. Malheureusement, ils sont aveugles.
Ainsi, la confirmation de l’implication de la section marocaine de l’internationale barbare, le fameux GICM, a donné naissance à une théorie justificative de tous les renoncements.
Le terrorisme n’aurait pas de lien avec la société marocaine. Un théoricien passe en boucle pour transformer ce qui est un combat féroce entre l’humanité et la barbarie en film western et les autres se rassurent : «Ce n’était donc que ça !». Cette supercherie a tellement bien fonctionné que les Fizazi, Abou Hafs… ont utilisé la brèche. Ils clament leur innocence, sans rien renier. Ils ne seraient que les défenseurs de l’islam. C’est un vrai drame qui se déroule sous nos yeux. Le discours selon lequel le terrorisme est importé est une conspiration contre la nation. Parce qu’il désarme la nation face à la bête rampante.
La société, elle, sait de quoi il s’agit. Tous les lycées marocains débattent de la question. Les lycéens sont unanimes : il y a un lien entre islamisme et terrorisme. Le ministère de l’Intérieur devrait publier le chiffre des manifestations publiques tenues en commémoration du 16 mai. J’ai la certitude qu’il dépasse largement celles tenues par tous les partis depuis 20 ans.
Le Maroc profond est sain
C’est cette richesse-là qui est rassurante. Le Maroc profond est profondément sain, il n’est pas suicidaire. L’attachement à la nation, à un devenir collectif, y est réel. S’appuyer sur ce constat pour propager les valeurs de la convivialité, de la démocratie, est la seule issue. Le combat des hommes libres aujourd’hui consiste en l’éradication de la nouvelle barbarie en asséchant ses sources. Toute complaisance ne peut être que criminelle. L’intégrisme est le père naturel du terrorisme