Tristes cathodes

Manière de tromper mon ennui, en ce dimanche où le jour était humide comme un mouchoir de veuve, je me suis résigné à regarder un téléfilm bien de chez nous. A un tel spectacle, quel ne fut mon ennui ! Ne nous voilons pas la face : à de rares pépites près, la ritournelle qui veut que la fiction télévisuelle marocaine soit au moins désastreuse et au pis décervelante est cruellement toujours vraie. Si les productions développées par Noureddine Lakhmari ou Adil Fadili apportent une dose de sang neuf à la création, le vieil ogre qui se terre au fond de la petite lucarne bicolore se suffit toujours de trois fois moins : moins de moyens, moins de qualité et moins d’intérêt. Les années cathodiques se suivent et se ressemblent dans la grisaille fictionnelle. Les épisodes cataleptiques s’oublient aussi vite qu’ils sont regardés.
Dans notre candeur, nous aurions pu croire que la vague de séries américaines, anglo-saxonnes, voire franco-françaises, de bonne tenue, que l’on peut croiser sur le satellite donnerait des idées aux producteurs et aux chaînes locales, qui régissent l’art cathodique. Que nenni ! Bernique et morne plaine. A la désolante image de notre télévision, dont la vacuité est devenue proverbiale. Pourtant, à moins que je ne sois, à mon insu, dur de feuille, je n’ai entendu aucun parti, pendant la campagne électorale, se soucier de la mettre sur une voie lumineuse.