Tricherie généralisée

Il fut un temps où l’on redoutait la vengeance de la loi. Aussi, regardait-on à  plusieurs fois avant d’y contrevenir.

Il fut un temps où l’on redoutait la vengeance de la loi. Aussi, regardait-on à plusieurs fois avant d’y contrevenir. La fraude constituait un péché mortel ; elle valait à son auteur une peine infernale. Ce temps-là est bel et bien révolu. Nous ne nous embarrassons plus de scrupules et faisons fermement taire nos remords. Nous nous vautrons dans la tricherie, devenue si commune qu’elle n’est plus perçue comme telle. La duperie est même vantée, au cas où elle contribue à l’enrichissement douteux d’un pékin, dans une société travaillée par une fascination ambiguë pour les plus riches. Tel ce producteur, ancien sans le sou, aujourd’hui détenteur d’un compte en banque à plusieurs zéros, à force de filouteries inavouables, d’entourloupes risquées et d’impostures arrogantes, avec la bénédiction des autoproclamés gardiens de la moralité publique qui en croquent. Mais les dés tournent, la dizaine d’émissions ramadaniennes qu’il a présentées à la SNRT ont toutes été éconduites, parce que peu conformes au cahier des charges exigé par le ministère de tutelle. Depuis, ce producteur et ses semblables sont irrités contre le gouvernement empêcheur d’arnaquer en rond. Il est à craindre que si Benkirane et ses alliés mettent en œuvre leur promesse de moralisation publique, ils ne se voient discrédités, tant la duperie est pratiquement hissée au rang de valeur.