Tendres espoirs

Après la colère olympienne du ministre de la communication contre ceux qui orchestrent le spectacle de la bêtise scénarisée et ses vigoureux rappels à  l’ordre, on était en droit de s’attendre à  une embellie, tout au moins pendant le mois sacré.

Après la colère olympienne du ministre de la communication contre ceux qui orchestrent le spectacle de la bêtise scénarisée et ses vigoureux rappels à l’ordre, on était en droit de s’attendre à une embellie, tout au moins pendant le mois sacré ; il en fut autrement vu que les divertissements-annoncés en fanfare- se révèlent des bides qui ne font pas même se bidonner. Tout porte à croire que notre cinéma pâtit d’un mal aussi étrange qu’incurable, par la voie de la fatalité. Le hasard d’un tournage me fit comprendre que «fatalité» est le mot par lequel on masque l’incompétence. Afin de parachever son cursus audiovisuel, le jeune Wassel Youssoufi, vingt ans et de saines ambitions, choisit de tisser un documentaire sur une partie de la vie de la solaire Assia El Ouadie, passée à la postérité pour son souci de l’autre poussé jusqu’à l’altruisme. L’exercice délicat requerrait des possibilités importantes, Wassel n’en disposait pas, il eut l’intelligence de fructifier les moyens de bord procurés surtout par des membres de la famille, des voisins, avec bonheur. Quand il a arpenté le territoire de l’enfance de son héroïne, il a fait appel à des bouts de chou n’ayant jamais affronté la caméra, hormis leur «doyenne» de sept ans, Widad Kassiri, vraie graine de star, avec son joli minois, ses yeux pétillants de malice et sa présence extraordinaire. Widad, Meriem, Ouahiba et les autres ont campé leurs rôles avec une justesse telle que les messages de compassion, de solidarité, de charité musulmane de Mama Assia passent comme une lettre à la poste. La morale de cette réussite est claire.