Start-up, la Moroccan Valley

Les Conseils de Laila El Andaloussi, Expert-comptable, Membre élue au Conseil national de l’Ordre des experts-comptables.

Le Maroc veut être un hub de l’innovation. Le plan d’accélération industrielle cherche à positionner les entreprises dans les métiers à fort impact technologique et orienter les jeunes vers l’entrepreneuriat dans ce domaine, en en faisant le fer de lance de la «nouvelle économie».

Au service de cette innovation, et pour porter cette ambition, çà et là ont émergé plusieurs incubateurs devenus accélérateurs, appuyés par des fonds européens dédiés à l’amorçage, et labellisés par la Caisse centrale de garantie, car plus de 80% d’entreprises innovantes n’ont pas accès au financement bancaire.

Les entreprises, grands groupes et institutionnels, également dans un élan de citoyenneté et d’engagement, accompagnent ce mouvement dans l’ère du temps, de plus en plus par des compétitions, soutien financier, conseil. La communication abonde dans ce domaine et donne l’impression que tout est possible. L’axe Casablanca-Rabat prend l’allure d’une Moroccan Valley donnant tous les espoirs à nos jeunes pousses.

Créer un environnement favorable à l’éclosion d’un écosystème de recherche et développement pour créer le monde de l’innovation de demain a permis le lancement des cités de l’innovation. Affiliées aux universités, elles abritent incubateurs, pépinières innovantes ainsi que des infrastructures technologiques et laboratoires de recherche. Mises à la disposition des jeunes talents, elles visent à tisser un pont entre l’université, le monde de l’industrie et à booster la recherche scientifique et l’innovation.

Si nous prenons l’exemple du berceau de l’innovation aux USA, la Silicon Valley, c’est grâce à l’Université Stanford, où tout a commencé. Elle a été la première à investir et prendre part dans les projets innovants en tant qu’investisseur. Haut lieu de la recherche ouverte sur le monde de l’entreprise, l’université a permis de former l’élite qui à son tour a pris la main des jeunes talents prometteurs. Le succès a été au rendez-vous grâce à la savante alchimie entre talent, esprit de créativité, goût du risque. Les start-up peuvent aussi lever des millions de dollars auprès des fonds de capital-risque et grandes entreprises technologiques. Justement, chez nous cette culture de prise de risque reste encore peu développée. Pour le moment ce sont des incentives fiscales qui sont utilisées pour convaincre les entreprises à investir dans les start-up par une réduction d’impôt correspondant au montant de leur prise de participation mais qui ne peut dépasser 200 000 dirhams. Cette année, le plafond a été porté à 500 000 dirhams, comme nouvelle mesure d’encouragement.

Cependant, d’après certaines études, le financement n’est qu’un élément nécessaire et complémentaire, il n’explique pas à lui seul le succès. La réussite de la start-up est due en premier lieu au talent et à l’attitude visionnaire de l’entrepreneur qui choisit le bon moment où il doit lancer son produit, il ne doit arriver ni trop tôt ni trop tard. L’idée devant être suffisamment nouvelle et créative.