Royal miracle !

Un jeune hacker casablancais, féru d’informatique et bricoleur de génie est condamné pour fraude, à  cause d’une regrettable erreur qu’il a commise, à  trois années de prison. Sur la demande du directeur de la prison, il procède à  des installations de surveillance hypersophistiquées. Lors d’une visite du Souverain à  la prison, on l’informe sur l’instigateur de cette réalisation high-tech. Le Roi donna ses instructions et le jeune informaticien est gracié et mis en liberté…Il a même reçu un certain pécule destiné à  redémarrer son activité.

Parfois certaines situations, a priori mal parties, peuvent se transformer du tout au tout, et en un clin d’œil, en miracles !
C’est ce que doit assurément penser ce jeune hacker casablancais qui a vécu une histoire extraordinaire. Féru d’informatique, bricoleur de génie, très au fait de l’usage que l’on peut faire d’un ordinateur, il rendait de menus services à ses amis et connaissances, (reformatage, réparation de disques durs, sauvegarde de la mémoire, etc.), jusqu’au jour où, mal conseillé, il s’aventura à fabriquer de faux documents. Cartes grises, passeports, ou permis de conduire n’avaient pas de secrets pour lui. Mais très rapidement, prenant conscience de l’illégalité de ses actes, il cessa toute activité délictueuse, et, profitant d’un petit héritage de sa tante, le voilà qui ouvre boutique à Derb Ghallef, se spécialisant dans toutes les interventions concernant un PC ou une installation. Tout allait bien, mais son passé le rattrapa : un de ses anciens clients, interpellé avec une fausse carte grise, ne fit aucune difficulté pour avouer aux policiers d’où il la tenait… et voilà notre jeune informaticien arrêté, présenté à la justice et condamné à trois ans de prison pour falsification de documents. Surtout qu’il n’a rien nié : il a benoîtement reconnu les faits, et a précisé avoir abandonné toute affaire louche.

Mais bon, le voilà incarcéré à la Prison centrale de Casablanca…où le directeur a des soucis avec son installation informatique. L’entreprise chargée d’équiper la prison en matériel informatique est lente, les travaux trainent et l’administration s’impatiente.

Convoqué par le directeur qui connaît son dossier, le jeune homme se voit proposer de superviser les travaux en cours, de donner les conseils qu’il faut et d’intervenir en tant que spécialiste avec l’équipe de la société. Aussitôt le chantier changea d’allure : la mise en place s’accéléra, une partie du matériel fut changée à la demande de l’informaticien qui en profita pour conseiller au directeur de profiter de l’aubaine pour installer, là des caméras, ailleurs des installations de détection de mouvement ou des systèmes de contrôle à infrarouge, le tout géré dans une salle de surveillance, hyper équipée en écrans, boutons, téléphones et autres interphones.

En quelques semaines, le travail est terminé, à la grande satisfaction du directeur de la prison, tout fier de montrer ses installations sophistiquées aux visiteurs de marque, sans préciser que c’est l’un de ses pensionnaires qui en fut le maître d’œuvre.

Fin du premier acte, voilà maintenant trois mois que le jeune homme est incarcéré, et il commence à trouver le temps long, malgré les menus avantages que lui a accordé le directeur, comme le placement en cellule individuelle et l’octroi d’un poste de technicien en maintenance informatique.

Soudain, un imprévu… et de taille. On parlait de visiteurs de marque, et c’est une inspection royale qui se prépare. Le Souverain, toujours soucieux pour la réinsertion des détenus, et qui a multiplié les actions en ce sens, est à Casablanca pour quelques jours, et il décide donc d’aller vérifier de visu les mesures prises en faveur des jeunes prisonniers. Le voilà donc à la prison, où le directeur l’informe que tout le système informatique a été modernisé, un réseau interne créé, et, dans la foulée une vingtaine d’ordinateurs ont été mis à la disposition des détenus, avec le respect des normes de sécurité. Le Roi (lui-même féru d’informatique et de nouvelles technologies) favorablement impressionné, félicite le directeur, puis se renseigne sur le prestataire de services, les délais de réalisation et les coûts. On lui précise alors que devant la complexité de la tâche, on a dû faire appel …au jeune homme assis sagement un peu plus loin devant son ordinateur, condamné, certes, mais informaticien de génie, bricoleur de talent et, finalement brave garçon. On le présente au Souverain qui le remercie brièvement et s’éloigne. Fin du second acte.
Le troisième et dernier acte est rapide, très rapide.

Se renseignant sur ce cas, le Roi, par ailleurs homme de cœur et sensible, fut ému et touché par l’histoire ; on lui apprend aussi que le jeune détenu n’a jamais présenté de demande en grâce, réservée à des cas plus complexes. Il donne alors ses instructions précises, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout est réglé. La demande de grâce est introduite, accordée, contresignée par le ministre de la justice, enregistrée à Rabat, puis dans la foulée (et avant la fin de la journée), transmise au parquet de Casablanca qui ordonne la levée d’écrou immédiate, c’est-à-dire la libération de l’informaticien ! (Pour la petite histoire, il faut savoir que toutes ces démarches prennent d’habitude des mois…)…

L’informaticien sera mis en liberté en fin de journée et recevra en sus un certain pécule demeuré confidentiel, destiné à redémarrer son activité.
On dit merci qui ?