Revers du Raja

Si les choses restaient telles quelles, le Raja ne pourra aller loin sur les fronts du championnat et de la Coupe arabe à  la fois.

En guide avisé, un moral au beau fixe, un portier en état de grâce après moultes disgrâces des joueurs de champ choisis à l’aune de l’excellence ; nantis de tels atouts maîtres, le Raja n’aurait aucun mal, pensait-on, à rafler la mise. Tout allait pour  le mieux : l’équipe casablancaise se pavanait insolemment dans le championnat, subtilisa, au nez et à la barbe d’un autre ogre, les Far, la coupe aux longues oreilles, atomisa (4-0) son adversaire, Bizerte, à l’aller de la Coupe arabe. Jusqu’au retour à Bizerte, où le Raja prit deux coups dans les flancs sans pouvoir en rendre un seul.

De toute façon, nous sommes qualifiés, crânent les supporteurs. Certes, mais il n’y a pas lieu de pavoiser. Car, à Bizerte, le Raja n’a pas subi une simple défaite qui ne prête pas à conséquence, mais essuyé une déconvenue qui met à nu ses défaillances. Le colosse de marbre a des pieds d’argile. Il est certain qu’il dispose d’un effectif fourni ; il n’en est pas moins évident que cet effectif est inégal et qu’il n’y a pas d’interchangeabilité entre titulaires et remplaçants. Si les choses restaient telles quelles, le Raja ne pourra aller loin sur les fronts du championnat et de la Coupe arabe à la fois. Il lui faut impérieusement changer son fusil d’épaule pour courir ces deux lièvres.