Réformer, sans rien oublier

«Innover n’est pas réformer à  tort. Mieux vaut suivre le bon chemin en boîtant que le mauvais d’un pas ferme (…) !».

Ces propos d’un homme politique français du XIXe-XXe siècles ne constituent pas une apologie du conservatisme parce que lui-même était à son époque très engagé. Ils sonnent comme un appel pour le travail bien fait. En somme, la réforme n’est pas une fin en soi mais un moyen à utiliser lorsque les circonstances l’exigent.

Au Maroc justement, on ne parle que de réformes. C’est comme s’il suffisait de tout remettre à plat pour ne plus avoir de soucis. Aucun domaine n’est oublié. Tenez ! Les retraites par exemple. Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis dix ans ou plus se sont refilés «la patate chaude». A raison, peut-être. Parce que les enjeux sont immenses. Mais quel que soit le modèle retenu, le seul objectif est d’assurer la pérennité du ou des régimes. Et dans le débat, il y a un point dont on parle peu ; le taux de remplacement. Un salarié du privé correctement rémunéré peut se retrouver presque pauvre une fois à la retraite. La faute au plafonnement des cotisations qui pousse au nivellement des pensions par le bas. Justifié à un certain temps, ce système rigide mérite bien d’être corrigé. Si c’est le cas, les décideurs n’auront effectivement pas eu tort d’avancer à pas feutrés sur le dossier très sensible de la retraite.