Pour une réforme du Mouvement populaire

Pour l’auteur, le Mouvement populaire, né au lendemain de l’Indépendance, a voulu, depuis le congrès de mars 2006, faire l’unité de tous les harakis et s’imposer comme parti démocratique de masse fidèle à  son ancrage dans le Maroc authentique. Sans y parvenir. Il préconise donc une vaste mobilisation pour réussir la réforme du MP, donnant des pistes pour mener à  bien ce chantier.

Le Mouvement Populaire est né d’un rapport de force lié à la gestion du pouvoir au lendemain de l’Indépendance. Les citoyens se sont rassemblés et se sont unis en force de libération et de résistance pour ramener la paix sociale et politique et rendre au Trône sa valeur sacrée pour les Marocains.

Cette formation politique est restée porteuse d’une idée fondamentale, originale à plus d’un titre, à savoir l’ancrage du Marocain dans son territoire civilisationnel et ouvert sur son monde extérieur pour mettre en phase le Maroc authentique avec un Maroc démocratique et moderniste, tout en restant fidèle à ses propres valeurs.

Aujourd’hui, plus que jamais, tout le monde parle de la classe politique marocaine en bien ou en mal. 30 partis politiques pour 30 millions d’habitants. Une formation politique pour un million de Marocains. Les législatives 2007 ont révélé un taux d’encadrement politique qui peut être qualifié de médiocre.

Les causes de ce résultat sont multiples, criées par certains, argumentées par d’autres. Le citoyen marocain, qui est le plus concerné, reste en dehors du débat des politologues.

Force est de constater, avec amertume, que malgré l’introduction de la Loi sur les partis, les formations politiques ont renforcé leur cloisonnement, refusant dans leur majorité la mise en œuvre de réformes politiques en leur sein. Des tentatives ont été initiées ici et là, mais en vain.

Les formations politiques porteuses d’idées socialistes, communistes, panarabistes ou islamistes, véhiculées au Maroc depuis plus de 50 ans, n’ont réussi à convaincre le citoyen, pour permettre la mise en œuvre d’un espace politique jouissant et usant des règles démocratiques telles que pratiquées dans le monde occidental.

La raison principale étant l’ignorance et/ou la négligence des composantes socioculturelles du peuple marocain. Cependant, il est vrai que le champ politique national a évolué et que des efforts de démocratisation ont été réalisés afin de tracer une feuille de route pour la gouvernance politique de l’avenir.

Dans cet espace politique, le Mouvement Populaire a devancé les événements en mars 2006 pour rassembler les harakis, consolider 50 années d’expérience et faire du MP un mouvement démocratique de masse, fidèle à ses fondamentaux et inaugurant l’ère de la concurrence, de la transparence, de la synergie et de la compétence dans le cadre de la globalisation démocratique au niveau régional et international.

Force est de constater, aujourd’hui, que le MP se trouve dans une situation de gouvernance qui n’est plus conforme aux objectifs du congrès de 2006.
Pourquoi le MP s’est-il retrouvé dans cette situation ? Les raisons étant nombreuses, on ne citera que les principales, à savoir :

• les temps ont changé : la gouvernance d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui ;
• la Loi sur les partis impose une mise en application des règles de la démocratie ;
• le MP doit investir dans des ressources humaines marocaines qui soient modestes, ingénieuses, expertes et profondément citoyennes ;
• le MP doit intégrer les règles de la concurrence dans ses stratégies politiques ;
• le MP doit aspirer à être la locomotive du champ politique national.

De ce fait, le Mouvement Populaire doit regarder l’avenir en face. Aujourd’hui plus que jamais, les harakis et les citoyens qui adhèrent à nos fondamentaux sont invités à se mobiliser pour une mise à niveau du Mouvement dans le cadre d’un vaste programme de réforme. Ce noble chantier s’articule autour de quatre fondamentaux :

• la citoyenneté : aimer son pays et être monarchiste démocrate ;
• la performance : qualité de l’enseignement et développement humain ;
• la synergie : concurrence et création de richesse ;
• l’innovation : recherche et développement.

Ces fondamentaux sont déclinés en plusieurs principes :

– accompagner Sa Majesté le Roi dans sa gouvernance ;
– être citoyen dans l’espace de la civilisation marocaine tout en respectant ses tribus et en tolérant ses diversités religieuses et culturelles ;
– consolider et développer la culture amazighe et introduire sa langue en tant que langue officielle, avec l’arabe, dans la Constitution ;
– cultiver la culture démocratique ;
– mettre en œuvre le processus d’élargissement des prérogatives des régions ;
– faire de l’enseignement la priorité nationale ;
– faire de la justice une institution autonome pour assurer l’équité économique, sociale et culturelle par l’élaboration d’une charte à cet effet ;
– mettre en place un système de concurrence au niveau des régions pour développer la richesse et la mise à niveau d’une gouvernance locale durable ;
– faire de l’homme le pilier fondamental du développement rural.

Ce programme de réforme va ramener le Mouvement Populaire à un meilleur positionnement dans le champ politique national. Ainsi, le MP se retrouvera dans son rôle réel qui est celui de renforcer le développement de la classe moyenne ; cette classe qui réduira la pauvreté et limitera les écarts de richesse qui portent atteinte à notre pays.

Les principaux résultats escomptés de cette réforme seront les suivants :

• consolider le rôle du MP comme moteur du développement de la classe moyenne et de la réduction de la pauvreté ;
• assurer un encadrement politique réel et pragmatique des citoyens par un travail de proximité non limité aux élections ;
• travailler dans un esprit de concurrence pour être la première force politique nationale ;
• établir des synergies avec le tissu associatif, notamment amazigh, et les partenaires économiques et sociaux ;
• participer à la mise en œuvre du statut avancé avec l’Union européenne et le promouvoir au niveau africain et arabe