Oser éduquer

A la question : « Par quoi durer ? ». Merlin l’Enchanteur préfère la réponse de l’éducation à  celle du pouvoir.

A la question : « Par quoi durer ? ». Merlin l’Enchanteur préfère la réponse de l’éducation à celle du pouvoir. Par la guerre et la conquête, on s’étend dans l’espace, par l’éducation, on dure dans le temps, soutient-il à bon escient, dans le roman «Merlin», signé Michel Rio, dont l’enseignement ne peut laisser indifférent, surtout quand on a mal pour sa société, à cause des difficultés du vivre ensemble. Là l’éducation devient impérieuse sous peine de délitement irréversible. Ce rôle est imparti à l’école qui doit oser tout à la fois instruire et éveiller à la conscience morale, imposer les règles de la vie commune et former. Ceux qui prétendent que l’école ne doit pas éduquer, qui veulent fonder l’école sur la seule raison par l’instruction, ou par la seule utilité par la formation, sont des naïfs ou des apprentis sorciers qui n’imaginent pas la société qu’ils préparent à leurs propres enfants. Les savoirs et les savoir-faire ne peuvent suffire à construire la cohésion sociale. Le sens moral, l’adhésion à des valeurs partagées et les qualités de cœur sont tout autant nécessaires que la raison pour refonder, sans cesse, génération après génération, une société solidaire et fraternelle. Ce n’est pas au moment où semble progresser l’illusion d’une possible et légitime satisfaction immédiate des désirs que l’école doit renoncer à surseoir à la violence, afin de bonder les relations interhumaines sur le respect mutuel et le désir de compréhension réciproque.