On a mal à  notre foot

Au soir du samedi 10 décembre, des centaines de milliers de Marocains étaient rivés à  un poste de télévision pour le clasico, qui mettait aux prises le Real Madrid et le FC Barcelone…

Au soir du samedi 10 décembre, des centaines de milliers de Marocains étaient rivés à un poste de télévision pour le clasico, qui mettait aux prises le Real Madrid et le FC Barcelone. Il n’y a pas lieu d’en être surpris, puisque cette confrontation entre les clubs les plus riches de la planète captive les fans du football, de Tlat Sidi Bouguedra au Tibet. Seulement, dix heures plus tôt, le MAS, juste une semaine après son sacre africain, en son fief, a attiré à peine 1 200 spectateurs. Rien moins qu’étonnant, quand on observe que cette désaffection du public est devenue une règle qui n’épargne qu’exceptionnellement les équipes, quels que soient leur statut ou leur stature. Cas dramatiquement exemplaire, le FUS qui, bien que se trouvant à la tête du championnat, avec six points d’avance sur son poursuivant, se produit, à domicile, devant une centaine de supporteurs. Pourquoi tant d’indifférence ? Par dépit de voir le football marocain déjouer honteusement. Non seulement il est ennuyeux à mourir, mais il s’obstine à tourner le maillot aux valeurs qu’il est censé porter, à savoir l’humilité, la solidarité, la droiture, l’abnégation et le dépassement de soi, «gratifiant», dès lors, l’infortuné public d’un luxe de lenteurs, de tricheries, de filouteries, propre à le dégoûter à jamais de ce jeu de manchots. La faute n’en incombe pas tant aux joueurs qu’à leurs cornaqueurs incompétents. Alors qu’attend-on pour les dégager en touche !