Manque d’esprit

Il n’y a pas que le football à  piquer pathétiquement du nez; l’esprit, lui non plus, n’en mène pas large, et, exposé à  la torture, s’évade de nos climats.

Il n’y a pas que le football à piquer pathétiquement du nez ; l’esprit, lui non plus, n’en mène pas large, et, exposé à la torture, s’évade de nos climats. Pourtant, radios, chaînes et réseaux sociaux fricotent avec l’humour, en mettent généreusement dans leurs recettes, mais, curieusement, sans faire rire. Les phrases piquantes censées nourrir notre sabir comique quotidien ne volent pas toujours bien haut, leurs auteurs sont raillés en boucle. Plus ils sévissent, plus la nostalgie de leurs devanciers se déculpe. Les comédies étaient passionnantes et imparfaites. Cela constituait leur attrait. Aujourd’hui, elles s’illustrent exclusivement par leur imperfection. Des déjantés s’agitent désormais sur les écrans, gesticulent avec des grimaces de singes savants, nous abreuvent pompeusement d’évidences, enfoncent vaniteusement des portes ouvertes, débitent des insanités sans rire. Ils se prennent pour des insurgés, des justiciers, mais mangent dans la main des exploiteurs fortunés. Bref, ce sont des outrecuidants, drapés dans leur suffisance et absolument dépourvus de ce don céleste de faire rire. Faute de pouvoir rire à sa guise, le Maroc de 2013 s’ennuie. Abderraouf et consorts, au secours !