L’orthographe, champ de mines

Ces jours-ci, nos vaillantes têtes brunes engagent, à  leur corps défendant, un bras le corps avec le baccalauréat, mes voeux de terrasser l’ogre les accompagnent, du reste, ils se sont armés en conséquence.

Ces jours-ci, nos vaillantes têtes brunes engagent, à leur corps défendant, un bras le corps avec le baccalauréat, mes vœux de terrasser l’ogre les accompagnent, du reste, ils se sont armés en conséquence. Je ne peux m’empêcher, toutefois, d’avoir une pensée émue pour les combattants devant rédiger leur prose dans la langue de Daudet, grand inspirateur de ce pensum nommé dictée. Car ils luttent à armes inégales, sur un champ d’honneur truffé de mines fatales. On aura subodoré que je fais allusion à l’orthographe, que l’illustre grammairien Ferdinand Brunot, déjà en 1905, tenait pour «le fléau de l’école» Justement, au vu des Mozart perdus par la faute de ses aberrations. Le père de la linguistique, Saussure, souhaitait voir “l’écriture usuelle débarrassée de ses plus grosses absurdités”. Cependant, le sanctuaire de la norme orthographique reste imprenable, en dépit des coups de boutoir de charitables néographes attachés à réformer l’orthographe dans le sens de la simplicité pour ne pas désespérer la jeunesse. Il faut dire que ce piège à élèves possède ses partisans, encore plus zélés que ses  contempteurs parce qu’ils ont le sentiment d’avoir conquis l’orthographe de haute lutte. Il faut sauver nos chères têtes brunes, mais on ne sait comment.