L’express Gerets déraille

« Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à  dire qu’il faut fermer sa gueule ».

« Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule », ironisait l’impayable Pierre Dac. Cet aphorisme incongru, l’inénarrable Eric Gerets vient de l’appliquer au pied de la lettre, en en forçant l’esprit, dans les colonnes de notre confrère «Aujourd’hui le Maroc», du vendredi 17 février. Il eût été préférable, pour son étoile pâlissante, qu’il ne sortît pas de son silence. Il nous aurait ainsi épargné une pareille indigestion de mauvaise foi, de rouerie et de coups bas. En guise de mise au point au sujet du parcours abrégé des mal nommés Lions lors de la CAN 2012, Eric Gerets s’est livré à un abracadabrant déboutonnage médiatique, tout en formules désobligeantes, insultantes, outrancières à l’intention de ses contempteurs. Dont certains de ses pairs autochtones, sur lesquels l’irascible belge s’est répandu en saillies vachardes, méprisantes, seulement parce qu’ils ont «osé» lui imputer l’entière responsabilité dans le Waterloo gabonais. Du reste, soutient-il, manière de leur bien river le clou, aucun technicien marocain n’est digne de prendre les commandes de l’équipe nationale. A l’entendre, l’expédition africaine ne fut pas un échec, puisque, argumente-t-il, grâce à sa baguette magique, ses poulains y auraient brillé comme jamais. Hallucinant. Même sous l’effet d’un puissant hallucinogène -les moules frites n’en sont pas- on ne saurait extravaguer de la sorte. Anguille sous roche ?