Le Sahara, un chantier de patriotisme

Pour s’occuper du Sahara, il y a les experts, les diplomates, les officines de l’ombre. Mais il y a aussi les simples citoyens. L’une d’entre eux propose de responsabiliser tous les Marocains autour d’un projet, l’établissement de jeunes Marocains entreprenants, dynamiques et conscients de leurs engagements, dans les provinces du Sud, pour un véritable chantier d’«attachement à  la terre».

Il y a bien sûr plusieurs lectures du conflit du Sahara. Il y a celle des experts, ces habitués lecteurs des éternels rapports du Secrétaire général, des appréciations qui s’en suivent, des déclarations qui en découlent. Il y a aussi les officines hermétiques qui travaillent dans l’ombre, mais qui n’aiment être ni gênées, ni devancées. Le dossier ce sont eux, et personne d’autre, et gare à qui s’aventure à présenter une idée qui ne soit pas avalisée par eux. Tenez, par exemple, un simple colloque à Laâyoune sur la «décentralisation», en mars 2000, a provoqué l’ire de fins limiers, d’honorables députés, et que sais-je encore. Depuis quand des intellectuels s’intéressent-ils au problème du Sahara ? Il y a les technocrates, ceux-là mêmes qui réfléchissent ce que les autres pensent. Diplomatie populaire par exemple. Excellente idée, mais sans impact réel. Et puis, il y a vous et moi, citoyens, dont l’avis ne compte pas beaucoup, mais nous sommes la majorité.

Il y a les experts et il y a les officines hermétiques qui travaillent dans l’ombre
Le Sahara est marocain et le restera. C’est notre devise. Cela déplait aux experts de nous l’entendre dire crûment, car nous ne parlons pas par résolutions, recommandations, reconductions de la mission et que sais-je encore de ces belles formules qui se terminent par la sacro-sainte expression «le machin demeure saisi par l’affaire». Marocaine, ayant une certaine idée de mon pays, qui croit en la nécessité et l’inéluctabilité du Maghreb, je considère que le combat pour le Sahara est un combat autour de l’identité du Maroc, voire son devenir. On ne peut badiner avec le fondement d’une nation et cela les experts onusiens le savent.

Au lieu de jouer son rôle, l’Onu sème les ingrédients de la déstabilisation
Madame tout le monde, j’émets quelques idées suite à une suggestion qui m’a été faite par un ami d’oser réfléchir sur le Sahara suite aux derniers développements. J’avoue que les différents rapports du Secrétaire général ne m’empêchent pas de dormir. Je m’interdis de les lire, car redondants et s’ingéniant, dans un jeu de bascule déplorable à la longue, à plaire à une partie pour lui déplaire après. Est-ce vraiment se conformer à la philosophie de la mission des Nations unies pour préserver la paix et la sécurité dans le monde, que de semer les ingrédients de la déstabilisation ?
C’est bien sûr du côté de Ain Naâja (siège de l’Etat-major algérien) et de Mouradia (celui de la Présidence) que la solution se trouve. Les grands principes tant brandis n’ont pas résisté aux velléités cachées et qui ont fini par apparaître au grand jour : le partage. L’Algérie est partie prenante et le Maroc n’est plus seul à le dire. Ce qu’il faut rappeler aussi, c’est qu’il y a une dynamique algérienne, qui s’exprime par à-coups. Khalid Nezzar ou Louiza Hanoune, pour ne citer que ceux-là, et qui sont loin de faire dans le politiquement correct, expriment une tendance réelle et un mouvement grandissant. La société civile algérienne, autant que la marocaine, peuvent servir de pont entre les deux pays. Un pont ce n’est pas l’autre rive, mais il y mène. Les deux sociétés civiles peuvent jouer le rôle de catalyseur du rapprochement des deux pays, condition sine qua non du Maghreb.
En attendant, il faut maintenir cet exercice utile et futile à la fois, dans les arcanes du bâtiment en verre. Un jeu d’ombre, où la réalité est ailleurs et non là où on croit qu’elle est. Pas besoin de diaboliser qui que ce soit.

Que le ministre de la Jeunesse procède à la sélection des candidats à l’établissement dans le Sud
Mais l’idée qu me tient à cœur est de responsabiliser les Marocains, tous les Marocains, dans l’esprit de la Marche verte, autour d’un projet : l’établissement de jeunes Marocains, du Nord comme du Sud, entreprenants, dynamiques, conscients de leurs engagements, dans les provinces du Sud. Pas les bras cassés, pas les assistés. Le fonds déjà existant au profit des rapatriés pourrait être mis à contribution.
Des chantiers de patriotisme et d’attachement à la terre. Que le jeune ministre de la Jeunesse procède à une sélection suite à des candidatures de jeunes qui veulent s’établir dans NOTRE SAHARA, qui a existé avant les mouvements migratoires récents qui y ont essaimé. La terre a aussi une mémoire. Faut-il le rappeler ?