Le prix de la mondia-lisation

Les nationalités semblent avoir de moins en moins de sens, tandis que les identités, elles, émergent et prospèrent.

Tout le monde voudrait obtenir les nationalités française, américaine…, mais rares sont ceux qui, une fois leur vœu exaucé, épousent complètement les us et coutumes du pays d’accueil. Il en résulte que les sociétés occidentales apparaissent, selon les cas, comme des juxtapositions ou des superpositions de communautés. Et cependant, ceux qui, en Occident, crient au loup qui se serait glissé dans la bergerie, devraient se rappeler que la mondialisation dont ils sont les initiateurs ne peut pas être à sens unique, sinon elle n’en serait pas une. Nous, dans le Sud, nous adoptons leur culture, offrons des débouchés à leurs marchandises et accueillons de plus en plus leurs entreprises en mal de compétitivité. Bien sûr, nous aussi nous en tirons avantage, mais cela ne va pas sans conséquences : des populations, aliénées ou séduites, se tournent vers l’Occident et celui-ci, par décence, devrait les accepter. Au total, cette mondialisation déferlante, tout le monde devra accepter d’en payer le prix : les sous-développés en renonçant à une partie d’eux-mêmes du fait de leur «aliénation» par la technologie et la culture occidentales, et les riches en se résignant à vivre avec des communautés qui leur sont forcément différentes.