Le fric source de nos maux

Nul n’ignore qu’une des finalités impérieuses de la politique est la cohésion sociale.

Nul n’ignore qu’une des finalités impérieuses de la politique est la cohésion sociale. Sauf ostensiblement, le parti au pouvoir, comme on peut en juger par ses premiers desseins, de nature à semer la discorde parmi les citoyens plutôt qu’à raffermir leur lien. Pourtant, la concorde intérieure constituait un argument électoral majeur brandi par les islamistes. Mais, l’ancien ministre de l’intérieur, Charles Pasqua, champion toutes catégories de la mauvaise foi, ne répétait-il pas à l’envi que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ? Honni soit qui mal y pense. Seulement, si Abdelilah Benkirane et ses honorables compagnons tiennent à prouver leur bonne foi, il importe qu’ils se fassent un devoir de mettre fin à tout ce qui divise les Marocains, à ce qui expose la société à la tension. Entre autres nuisances au vivre ensemble, la prosternation d’une frange de la population devant le veau d’or. Je ne vise pas évidemment l’argent capital, moteur de la croissance, mais sa perversion, le fric, devenu la valeur unique à laquelle se rapportent, au mépris de la morale, des domaines qu’il avilit, tels la science et la religion, l’éducation et l’édition, l’art et l’architecture, la médecine et l’urbanisme… Agent de pourrissement, le fric, mine notre société. Ce qui me fait penser qu’au lieu de s’obstiner à décréter un cahier des charges de l’audiovisuel aux effets discriminants, le gouvernement serait plus inspiré de refuser la prostitution au fric…