L’Atlantide est belle et bien marocaine

un article de grande importance à  propos de l’atlantide a paru il y a plus d’un mois dans le new york post, rappelant que le maroc abriterait bien la mystérieuse cité.

«Achille n’existe que par Homère», écrivait Chateaubriand. Et comme on est dans la mythologie, on peut dire aussi que la mythique cité de l’Atlantide n’existe que par Platon car il est le premier à en avoir parlé, puisqu’elle est mentionnée dans deux de ces célèbres dialogues: le Timée et le Critias. Pour des spécialistes et autres analystes de l’œuvre du philosophe, Platon s’est servi de cette légende de la cité engloutie pour étayer ou illustrer certains de ses arguments. C’est en effet dans l’introduction de son dialogue sur les origines de l’univers que le philosophe grec fait citer l’Atlantide par Timée. D’autres experts, et c’est là que le sujet nous intéresse de très près, sont aujourd’hui certains qu’il ne s’agit là ni d’une métaphore ou d’un concept philosophique, ni encore moins d’un mythe, mais d’une réalité dont ils pensent pouvoir localiser l’endroit exact sur une carte géographique. Il s’agit du Maroc et plus précisément de ses côtes atlantiques. D’où d’ailleurs le nom, «Atlantide», dérivé d’Atlas.

Depuis l’an 355 avant Jésus Christ, date de la rédaction du dialogue de Platon mentionnant la cité engloutie, le mythe ou la légende liés à cette dernière nous concernaient directement. Mais on ne peut pas dire que l’on en ait fait grand cas. Déjà Platon, en tant que philosophe, a été expulsé manu militari il y a belle lurette des programmes, avec la philosophie globalement comme matière de réflexion destinée à préparer les bacheliers aux études supérieures. Le bac sanctionnant la fin des études secondaires s’est transformé depuis en bac à sable où des penseurs obscurs et obscurantistes ont remplacé Platon et ses collègues avec les conséquences que l’on déplore aujourd’hui. Mais c’est une autre histoire…

Un article de grande importance à propos de l’Atlantide a paru il y a plus d’un mois dans le New York Post rappelant que le Maroc abriterait bien la mystérieuse cité. Se basant et perpétuant des recherches qui durent depuis le XIXe siècle (à l’insu de beaucoup d’entre-nous certainement), l’article de Mark Adams commente les résultats d’un informaticien, Michael Hubner, qui a dirigé et basé ses travaux dans la perspective de répondre à la question : l’Atlantide se situe-t-elle sur les côtes marocaines?, comme Platon le suggérait, la réponse est oui. Il est même allé jusqu’à prouver, calculs et programmes informatiques à l’appui, qu’elle se situerait précisément dans la plaine du Souss. On ne va pas rentrer dans les détails techniques et les explications scientifiques ardues, mais n’est-ce pas une bonne nouvelle pour nous ? Sans aucun doute, mais elle a été peu et très mal relayée par nos médias, si l’on excepte un très bon article publié par le site Yabiladi et un autre, très bref, par Jeune Afrique, qui n’est pas un journal local jusqu’à preuve du contraire.

Ailleurs, la presse était trop occupée avec le débat d’idées à haut débit entre l’opposition et la majorité, les petites phrases d’un tel ou d’une telle…le «gossip» baveux d’une vie politique bavarde et inconséquente. Ailleurs, dans d’autres pays plus avisés, on aurait fait de cette étude scientifique rapportée par un journal américain à grand tirage quasiment une question, sinon nationale, du moins culturelle et académique de premier plan. Et à propos d’études et d’académies, avez-vous jamais entendu parler d’un projet de recherches scientifiques mené par l’une de nos universités ou instituts qualifiés afin d’étudier ce grand mythe de la cité de l’Atlantide, dont de vrais chercheurs veulent prouver la réalité ? Il faut croire que d’autres mythes nous occupent désormais et sont tous les jours enseignés, ressassés à satiété et entretenus à dessein. Mais combien coûterait une équipe de chercheurs formés pour un tel projet ? A ce genre de questions et plus globalement lorsqu’il s’agit de la culture et des sciences humaines, les réponses ont toujours été les mêmes, identiques et mesquines: il y a des priorités, les études et la recherche exigent des moyens, elles coûtent cher… Résultat, on a essayé l’ignorance, comme dirait l’autre. Et l’ignorance coûte encore plus cher.

Mais revenons à notre cité mythique pour laquelle l’auteur de l’article du New York Post avait trouvé ce titre convivial: «Meet Me in Atlantis : My obsessive quest to find the sunken city» (Rendez-vous à Atlantide : mon obsessionnelle quête pour trouver la cité engloutie) A supposer même que tout cela ne soit qu’un grand mythe ou un grand mystère que certains rêveurs s’évertuent  à décrypter, n’y aurait-il donc pas une petite place pour nous dans cette belle et ancienne course derrière un rêve qu’un grand philosophe comme Platon a lancé depuis l’aube de l’Antiquité ? Ne pouvons-nous pas profiter et faire nôtre un aussi beau et grand mythe ? Adopter Homère et revendiquer Platon ? A moins que nous nous contentions des nôtres. Le grand penseur maghrébin Ibn Khaldoune, toujours critique et lucide sur ses congénères de l’époque et de toujours qui se croyait supérieur à tout le monde, avait écrit dans «Al Mouqaddima» (Prolégomènes) : «Il n’y a pas que la poésie arabe : les nations étrangères aussi ont la leur. Il y a eu des poètes persans et des poètes grecs. Par exemple, Aristote, dans sa Logique, fait l’éloge du poète Umatîrash (Homère)».