La gifle

A entendre l’amertume coléreuse des Marocains à la suite de l’échec des Lions devant les Fennecs, on mesure combien ce revers a été ressenti comme une infamie. Non qu’ils ne l’aient pas admis, mais parce que, dans cette guerre fratricide, nos «footeux» ont déposé les armes sans les avoir utilisées. Pourtant, ils étaient mieux armés que leurs vis-à-vis. Ils occupaient la première place de leur groupe ; ils formaient un ensemble séduisant et ils étaient cornaqués par un technicien éprouvé. L’adversaire n’était pas aussi bien loti. Il était en proie au doute, amoindri par l’indisponibilité de ses meilleures flèches (Bougherra, Ziani, Belhaj…) et emmené par un entraîneur qui tardait à faire ses preuves. Cet avantage sur le papier n’allait pas suffire. Comme cela se produit immanquablement entre voisins pour le meilleur et pour le pire, l’enjeu, en l’occurrence une qualification à la CAN, importait moins que l’honneur. A cet égard, le Maroc a failli. Imbus de leur supériorité, les Marocains se mouvaient avec une nonchalance aussi insolente qu’indigne ; conscients de leurs limites, les Algériens se transformèrent en guerriers défendant âprement leur territoire et leur unique but fut obtenu sur un pénalty contesté, mais, à nos yeux, indiscutable. Si l’honneur n’est pas sauf, rien n’est encore perdu. Le 3 juin prochain, les Lions auront l’occasion de relever le gant et de recouvrer la dignité. Pourvu que d’ici là, nos joueurs apprennent que le talent pur est vain, tant qu’il n’est pas accompagné de l’estime de soi et celle des couleurs portées.