La détention n’est pas si terrible, en conditions réelles

En détention, certains trouvent un confort de vie qu’ils n’avaient pas lorsqu’ils étaient libres ! Mais ceux-là ignorent les contraintes qui existent, lorsqu’il s’agit de faire cohabiter des centaines de personnes dans un espace clos !

Les affaires se suivent et se ressemblent dans le monde judiciaire; au niveau du Pénal, le processus est souvent le même : on commet un délit, on est interpellé, interrogé, déféré, jugé, puis condamné. Comme on dit au Monopoly, direction la case «prison». Le pire moment est, pense-t-on, arrivé. Et puis, une fois le choc passé, et l’incarcération effective, on se rend compte que, finalement, c’est moins difficile que ce que l’on pensait. Récemment, en France, un célèbre responsable a écopé de quelques années de prison, pour des agissements que, par euphémisme, l’on pourrait qualifier de «douteux». Comme délivrer des autorisations indues, ou en refuser d’autres, pourtant justifiées. Mais passons sur le motif de l’incarcération. Comme le prévenu est… relativement célèbre, il a été incarcéré dans le pavillon dit «VIP». L’appellation est ironique, certes, mais à y regarder de plus près, pas tellement, puisqu’on vient d’apprendre par la presse que l’intéressé avait demandé à sa famille de le fournir en … «cornichons». On se dit, tiens, le bonhomme est en prison, et, loin d’en sembler affecté, il réclame des cornichons ! En fait, ce que le profane ignore, c’est qu’en détention, les clivages sociaux demeurent, voire s’accentuent. Il y a les nantis, et les autres. Car dans la pratique, l’incarcération possède une seule fonctionnalité : la privation effective de liberté. On est, si l’on peut dire, «empêché» de se rendre où l’on veut, quand on veut, avec qui on veut. Point. Pour le reste, la détention n’est pas si terrible, en conditions réelles.si on est riche et puissant, eh bien, on mène une vie de riche et de puissant. En effet, par le biais du système de «cantine», on peut, si l’on en a les moyens, se commander tout ce que l’on veut. Repas fins, livres, télé, vidéos, tout ce qu’on veut, dans le respect toutefois des règles de sécurité. Par exemple, on ne pourra pas avoir accès à tous breuvages contenus dans des récipients en verre, matière pouvant servir d’arme éventuellement, tout comme les canettes. Mais si on a une famille dévouée, prête à transvaser des litres de soda dans des contenants en plastique, le tour est joué. Pour vaincre l’ennui, il existe des bibliothèques, des salles de sport, de vidéo, de TV, où l’on peut agréablement meubler le temps. Les détenus les plus anciens, ou ceux condamnés à de longues peines, et peuvent, au bout d’un certain temps bénéficier de permissions de sortie, soit la possibilité de passer un week-end au sein de leur famille, réintégrant la maison d’arrêt le dimanche soir. C’est alors le prélude à une libération prochaine. Certains détenus, tenaces et courageux, arrivent en prison incultes, et en ressortent dix ans plus tard bardés de diplômes. Leur réinsertion n’en est alors que plus facile. D’autres se mettent à l’écriture, et, profitant de tout le temps libre dont ils disposent, écrivent des livres, des mémoires. Le tout est de faire preuve de patience et de retenue. Les gardiens de prison le reconnaissent eux-mêmes : certains de leurs meilleurs amis sont des gens qu’ils ont connus du temps de leur détention. Celle-ci est perçue comme étant la sanction d’une mauvaise action ou d’un comportement délictueux. Mais comme disait quelqu’un de célèbre : «Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre». On commet une erreur, on est emprisonné pour cela, puis on ressort et la vie reprend ses droits. Et ce n’est pas si difficile que ça, car, en détention, on est soumis à une certaine
rigueur toute militaire. Point de grasses matinées à longueur d’années: lever à 7h, puis accomplissement de toute une série d’actions : rangement, promenades, heures de repas, de visites familiales, de parloir d’avocats, bibliothèque, salle de sport,…on n’a pas le temps de s’ennuyer. Et ce n’est pas uniquement par bonté d’âme, l’Administration étant connue pour sa rigueur précise, basée sur l’application des textes de loi. Non, l’Administration sait qu’un détenu désœuvré…est un détenu dangereux. Il rumine des idées de vengeance, élabore des projets d’évasion, prépare des tentatives de rébellion, autant de choses dangereuses pour la sécurité de l’établissement, et celle des fonctionnaires qui y travaillent. Alors, occupons-les, fatiguons-les, employons-les, intéressons-les ; et tout se passera bien. Ce qui fait dire à certains observateurs profanes, qu’en détention, certains trouvent un confort de vie qu’ils n’avaient pas lorsqu’ils étaient libres! Mais ceux-là ignorent les contraintes qui existent, lorsqu’il s’agit de faire cohabiter des centaines de personnes dans un espace clos ! Il vaut mieux être tolérants, si l’on veut éviter les mutineries.