Juristes et avocats, faut-il avoir peur du digital ?

Le développement de l’intelligence artificielle représente-t-il un danger pour l’espèce humaine ?

Axel-Jurgensen
Axel Jurgensen Associé et Responsable Afrique, Day One

Le fondateur de Microsoft Bill Gates et le physicien Stephen Hawkins le disent, et la victoire récente de Deepmind, logiciel conçu par Google, face à l’ex-champion du monde du jeu de Go, semble leur donner raison. Avec le développement constant des capacités de l’intelligence artificielle, associée à la recherche croissante de services de plus en plus compétitifs, peu de professions, dans le secteur des services, semblent pouvoir aujourd’hui échapper au phénomène de la «digitalisation». Les hôteliers ont connu AirBnB, les taxis, Uber et les détaillants, Jumia. A son tour, le monde juridique voit se développer de nouveaux modèles numériques, avec les «legal start-up» qui connaissent un certain succès outre-Atlantique, le développement d’outils collaboratifs et de recherches en ligne, ou encore l’essor de progiciels de traitement et de suivi des contrats et du contentieux, amenant les principaux acteurs du secteur à se réformer pour faire face à cette évolution.

Cette petite révolution, aussi difficile soit-elle car elle implique l’avènement d’un juriste 2.0, constitue une chance et offre une potentialité de développement importante pour tous les professionnels du droit qui sauront l’appréhender. Selon nous, l’opportunité est triple. Premièrement, le juriste et l’avocat de demain, délesté de certaines tâches routinières et chronophages grâce à ces outils (réécrire un contrat qui existe déjà au sein de l’entreprise, effectuer une recherche papier, rédiger le compte-rendu d’une mission, etc.), va pouvoir se consacrer essentiellement aux tâches à forte valeur ajoutée dans des domaines stratégiques et opérationnels, là où ses clients l’attendent le plus. Deuxièmement, grâce au développement du Big Data et des outils de mesures de performance (KPIs), il lui sera plus facile d’être prédictif, de valoriser son activité et, in fine, d’apparaître comme un générateur de profits plutôt que comme une source de coûts. Troisièmement, l’adoption d’outils digitaux permettra au Directeur juridique ou au Managing Partner d’être plus compétitif à moindre coût, et de fidéliser ses collaborateurs en leur offrant à la fois une plus grande flexibilité au travail et des missions plus intellectuelles.

On le voit, loin de constituer une menace, la digitalisation représente aujourd’hui pour les avocats et directeurs juridiques une opportunité formidable de développement, à condition pour ces derniers de savoir prendre le train de l’intelligence artificielle à temps.