Je m’indigne

L’opus de Stéphane Hessel «Indignez-vous !» invite chacun à trouver son motif d’insurrection pacifique. Personnellement, j’ai une multitude d’indignations sélectives. Mais ce qui nourrit le plus ma rage, c’est la prospérité de la nouvelle bêtise, cultivée par des «idéologues» en panne d’idées.
Les sources de cette bêtise sont la pensée réflexe, la pensée mode, la paresse de l’esprit, l’amalgame, le bon sentiment. Chaque fois, le même mécanisme est à l’œuvre. Au lieu d’analyser, de chercher à discerner, des prétendus éclaireurs de l’opinion publique se réfugient dans le raccourci, le lieu commun, le cliché. Ils crient à la censure quand elle est morte depuis belle lurette, ils voient des réactionnaires ou des fascistes partout, hurlent avec les loups amateurs de rupture ou de changement pour le changement, tout en dénigrant le vrai changement. Les politologues du cru et d’ailleurs s’accordant à dire que la nouvelle Constitution représente un grand pas vers le raffermissement de la démocratie marocaine, ils s’en trouvent pourtant qui tentent de lui barrer la route.
A quel camp appartiennent-ils ? Pas à celui des conservateurs ou étiquetés tels, mais à celui des gauchistes qui, en appelant les citoyens au refus de la nouvelle Constitution, deviennent des alliés objectifs des fascislamistes, leurs ennemis jurés. Voilà à quel excès d’indignité peut mener la nouvelle bêtise.