Guéant anti-musulman

L’anthropologue Claude Lévis-Strauss tenait que les civilisations se valaient dans leurs lumières comme dans leurs ténèbres.

L’anthropologue Claude Lévis-Strauss tenait que les civilisations se valaient dans leurs lumières comme dans leurs ténèbres. Cela tombe sous le sens, mais le ministre de l’intérieur français, Claude Guéant, qui n’est pas à un non-sens près, surtout à l’approche des présidentielles, s’inscrit en faux contre cette évidence. Il prétend, sans crainte du ridicule, qu’il y a des civilisations qui priment sur d’autres. Au faîte de hiérarchie, Guéant place la civilisation occidentale. Indûment. Car celle-ci est loin de mériter un tel rang, pour avoir anéanti sans le moindre scrupule les Incas, les Mayas et les Aztèques, asservi des hommes et des femmes, tué, pillé, volé, violé, selon sa fantaisie, des peuples qu’elle mettait sous sa botte arrogante, engendré ces barbaries qu’étaient le fascisme, le nazisme et le stalinisme… Au bas de l’échelle, se situerait, si l’on en croit le ministre sarkozystre, la civilisation arabo-musulmane. Là encore, il tord sciemment le cou à l’histoire. Ne peut être jugée inférieure une civilisation qui, à son essor, a transmis à l’Occident le savoir grec dûment amélioré, contribué substantiellement au progrès de l’humanité en cultivant les sciences et les mathématiques, légué à l’Espagne des joyaux architecturaux tel l’Alhambra à Grenade au charme magique. Mais Guéant ne se soucie aucunement de la vérité. En affichant son mépris envers les musulmans, il espère ravir, au bénéfice de son camp, les électeurs lepénistes. Ecoeurant.