«Force doit rester à la loi»

Au Maroc, le port d’arme est strictement encadré par les textes, qui ne tolèrent aucune exception. Les magistrats ont également reçu des consignes strictes: Aucune circonstance atténuante ne doit être accordée aux adeptes de ce nouveau banditisme. L’on ne peut que s’en féliciter, car la sécurité et l’ordre publics sont à ce prix…

En parcourant la presse ces derniers temps, on apprend, qu’ici et là des policiers ont dû faire usage de leur arme de service, afin, selon les communiqués, de permettre la neutralisation d’individus dangereux, menaçant la sécurité des citoyens et de leurs biens, et refusant d’obtempérer aux injonctions légales qui leur étaient faites par les forces de l’ordre. Une fois, deux fois… Et l’on se dit «serions-nous devenus un nouveau Far West», du temps où les litiges et autres contentieux se réglaient à coups de revolver ?

La vérité est plus nuancée, et invite aussi à s’interroger sur le fondement de ces informations, assez largement véhiculées dans les journaux. Un premier constat s’impose : le Maroc est un pays en plein développement économique et social. Les entreprises nouvellement créées se multiplient, les échanges économiques se font de plus en plus nombreux. Du coup et concomitamment, une nouvelle forme de délinquance voit le jour. Jadis, ce phénomène n’existait pas. Mais les villes grandissent, les nouveaux quartiers se multiplient et les banlieues connaissent un essor parallèle.
Il y a quelques années encore, les entrepreneurs, industriels, commerçants ou autres professions libérales, se rendaient directement à leur banque, voire y envoyaient un coursier chargé de déposer les recettes quotidiennes ou hebdomadaires. Cela se faisait en motocyclette, ou en petite voiture banalisée, un employé transportant de grosses sommes d’argent dans un sac anodin. Puis, la criminalité a emboîté le pas, passant des cambriolages classiques, à des tentatives bien plus élaborées. Les «braquages» de personnel transportant de l’argent se sont multipliés. Et on a vu, progressivement, apparaître dans nos villes des camions de transfert de fonds spécialisés.

La criminalité se développant assez vite en Occident, les malfaiteurs étaient passés au stade supérieur: on n’attaque plus les banques, qui ont amélioré leurs systèmes de sécurité, mais les transporteurs de fonds, jugés plus vulnérables. D’où la nécessité pour les entreprises concernées de revoir leurs modalités concernant ces transferts de fonds, surtout que les législations européennes, respectueuses des droits individuels, n’interdisent pas le commerce libre des armes. Lesquels du coup foisonnent, et circulent plus ou moins facilement. Exit les fourgons blindés classiques, que l’on envoie se recycler ailleurs, en Afrique, par exemple. Et place, en Europe, à de véritables coffres forts ambulants, bien plus difficiles à dévaliser. Mais les choses évoluent vite, et voilà qu’au Maroc on assiste à une recrudescence d’attaques et de hold-up, réalisés avec des moyens plus sophistiqués.

Le second constat est aussi intéressant, car ces méfaits illustrent aussi, et paradoxalement, le niveau de développement d’un pays.
Par ailleurs, le Maroc a toujours été connu pour son ouverture sur les autres pays, et reçoit, de ce fait, des millions de visiteurs chaque année, partant du touriste de base, jusqu’aux très nombreux Marocains résidant à l’étranger qui viennent chaque année, et en nombre, rendre visite à leurs familles et proches. Tous ces voyageurs ne sont pas des saints, loin de là, et certains ont vite repéré les failles du système policier local. D’où la recrudescence d’actes violents, commis avec utilisation d’armes à feu. Notre système a donc dû évoluer, et s’adapter à cette nouvelle forme de criminalité. Les policiers reçoivent donc dorénavant des formations plus élaborées, et les consignes ont aussi progressé. «Force doit rester à la loi», ce concept est désormais le credo des forces de l’ordre, appuyés en cela par la législation locale.

Au Maroc, le port d’arme est strictement encadré par les textes, qui ne tolèrent aucune exception. Les magistrats ont également reçu des consignes strictes : aucune circonstance atténuante ne doit être accordée aux adeptes de ce nouveau banditisme. L’on ne peut que s’en féliciter, car la sécurité et l’ordre publics sont à ce prix…