Fête syriaque

Feu et sang sont, depuis dix-neuf mois, les lots quotidiens de la Syrie.

Feu et sang sont, depuis dix-neuf mois, les lots quotidiens de la Syrie. Ils constituent l’alpha et l’oméga de l’argumentaire des insurgés comme des tenants du régime en place, entraînant dans leur funeste sillage un cortège de désolations : un minimum de quarante morts par jour, 40 000 morts jusqu’ici, des centaines de milliers de blessés, 250 000 exilés volontaires dans des conditions souvent inhumaines, des champs dévastés, un pays en ruine. A mesure que le temps s’écoule, la haine que se vouent les deux camps s’attise effroyablement, au point de faire voler en éclats la trêve ténue consentie par les belligérants, en la circonstance de l’Aïd Al-Adha. Pas de quartier, 81 Syriens sacrifiés, en ce vendredi 26 octobre, jour de fête. Sous les ricanements sataniques des boutefeux alliés du clan Assad, tels que l’Iran, l’Irak ou le Hezbollah libanais, qui soutiennent militairement la contre-rébellion ; l’indignation stérile des appuis de la rébellion syrienne, comme les Etats-Unis et les pays arabes sunnites, qui ne lésinent pas sur les aides humanitaires, mais se retiennent d’armer efficacement l’insurrection, de crainte que le conflit ne déborde les limites de la Syrie. Or c’est déjà fait. Le Liban est en butte au terrorisme, la Turquie échange quotidiennement des obus avec l’armée de Damas, en attendant que d’autres parties se mêlent à la fête barbare.