Et-Tayeb tire sa révérence

Ainsi, tu nous auras joué le dernier de tes tours qui nous amusaient tant.

Ainsi, tu nous auras joué le dernier de tes tours qui nous amusaient tant. Il fallait que ce soit un jour de bouclage, le jour où tu nous livrais ta chronique… Pris de court, sous le choc, nous ne trouvons pas les mots pour exprimer notre douleur. Toi, le journaliste, l’homme de lettres et de culture, si original et tellement singulier. Bon comme ton nom «Et-Tayeb» l’indique, tu incarnais l’optimisme dans ta vie quotidienne, dans tes écrits et dans tes rapports avec les autres. Tu ne manquais jamais d’humour quand il s’agissait de détendre l’atmosphère, que ce soit lors d’une réunion de rédaction houleuse ou le temps d’un bouclage trop serré. Un geste, une réplique ou même une blague et tout le monde éclatait de rire à en oublier le point de discorde. Tu étais notre spécialiste des dossiers littéraires, artistiques et culturels…, notre référence lorsqu’il s’agissait de l’histoire de l’art au Maroc. Tu étais notre encyclopédie artistique. Tu étais Difaa Hassani Jadidi, tu étais Oum Keltoum, Nass el Ghiwane ou Abdelwahab Doukkali… Tu étais tout et personne… Tu avais pour toi cette bonhomie, ce bon sens et un sourire qui te conféraient une personnalité hors du commun. Tu es parti plume à la main, droit debout et tu nous laisses, nous tous, orphelins, tristes et inconsolables. Je t’entends déjà de là haut nous dire, c’est quoi cette écriture? C’est quoi ce style ? Alors, juste cette fois, ferme les yeux sur la pauvreté de notre vocabulaire et regarde le sang de nos cœurs qui saignent par la catastrophe de ta disparition à jamais !