Droits et devoirs

En parcourant les articles consacrés au drame du quartier Bourgogne, à  Casablanca, je suis tombé sur une citation attribuée à  l’un des fils du défunt propriétaire.

En résumé, il dit que l’Etat est responsable parce que les autorités devaient leur interdire d’entreprendre des travaux s’il s’avérait qu’il y avait des dangers. Je crois lire l’antienne des donneurs de leçon qui, à chaque fois qu’ils en ont l’occasion, ne manquent pas de ruer dans les brancards en traitant tout le monde d’«idiot», de «nul» ou de «bête». L’indignation face à des accidents qu’il est possible d’éviter ou à des errements dans la gestion de la chose publique n’est jamais exagérée parce qu’il revient à l’Etat de garantir la sécurité de tous les citoyens, de renforcer la démocratie, d’assurer une meilleure gestion des deniers publics, de lutter plus fermement contre la corruption… Mais de l’autre côté, s’interroge-t-on toujours sur notre devoir de citoyen et la légalité, ou la moralité, de nos décisions? Cette question s’adresse aussi bien au patron qui fraude le fisc ou sous-déclare ses salariés qu’au citoyen lambda qui resquille dans une queue ou balance ses ordures où bon lui semble. Les commentateurs toujours prompts à étaler leur savoir circonscrit aux «y a qu’à» et «il faut» peuvent aussi regarder de ce côté-ci car il y ont bien du grain à moudre. Ils peuvent par exemple rappeler de temps en temps que le citoyen a des droits qu’il doit exiger sans retenue, mais qu’il a aussi des devoirs qu’il est tenu d’assumer, courageusement.