Devoir d’informer

Avec l’explosion des journaux en ligne et la toute puissance des chaînes d’informations en continu, les nouvelles, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, n’ont plus le même impact.

Dans ce monde du «fast consumer», l’émotion l’emporte souvent sur l’analyse. En d’autres termes, il arrive fréquemment que l’on ne prenne pas la peine de tirer les enseignements de tel ou tel fait. Par exemple, il y a juste trois semaines, le classement du Maroc dans le «Doing business 2015», rapport annuel de la Banque mondiale qui examine les réglementations affectant les différentes étapes de la vie d’une entreprise, avait suscité beaucoup de commentaires. Les décideurs voulaient faire comprendre mordicus au grand public que des progrès ont été réalisés, alors que la réalité des chiffres est tout autre. Ils pensaient en fait que le sujet allait très vite être noyé dans l’avalanche d’informations. Ce fait, qu’on peut qualifier d’anecdotique, illustre à quel point on peut rater l’occasion de regagner la confiance de ses administrés, même quand les nouvelles sont moins favorables. Montrer le pourquoi du comment, rassurer et se projeter dans le futur, telle doit être la bonne attitude. Hélas, le déni de la réalité l’emporte sur le devoir d’informer et d’expliquer. Pourtant, dès qu’on assume des responsabilités, dans le public comme dans le privé, un petit effort est requis dans ce sens ; c’est même une obligation.