Devoir de culture

La médusante faillite de l’enseignement marocain se traduit dans la honteuse décérébration des esprits générée par nos fabriques de parfaits crétins.

La médusante faillite de l’enseignement marocain se traduit dans la honteuse décérébration des esprits générée par nos fabriques de parfaits crétins. Les urgences de l’économie, les mirages de la communication et ce mépris des anciens, cette intolérance à tout ce qui ne relève pas de l’immédiat que notre jeunesse appelle la vie, évincent la culture de l’enseignement, regardée de travers, et donc jugée dangereuse, ou de haut, et donc comme quantité négligeable, qui ne mérite aucun égard. Enseigner, par conséquent, ce n’est plus transmettre un legs, c’est fournir des techniques et des méthodes ; ce n’est plus intégrer à un monde, c’est développer des facultés conjoncturellement utiles ; ce n’est plus éclairer la vie par des œuvres, c’est remplacer des œuvres par des images ou des textes dépaysants. Il est hautement significatif que dans le même discours du Trône, le Souverain brosse un portrait peu reluisant de notre enseignement et incite à une affirmation de la culture. Sans le rayonnement de l’une, l’autre est regagnée par les ténèbres. Le devoir moral est de s’éclairer de la lumière offerte, de s’élaborer jusqu’à être de la même eau que la perle reçue, le don de la vie.